Un projet de navigations éducatives, en équipage, à bord de grands voiliers-écoles, pour les jeunes Français et les jeunes Européens, dans le but de leur faire découvrir la mer et l’Europe dans le cadre d’un « Erasmus maritime ».
J’ai vraiment envie de mettre les voiles et de … chanter !...
Je vous propose « Santiano » par les "Marins d’Iroise" à bord de la Recouvrance !...
Des Quarantièmes Rugissants à Surabaya, en passant par la rade de Brest, le marin a toujours chanté.
Bien plus que le mineur ou le paysan, l'homme embarqué sur les grands voiliers n’a cessé de rythmer sa tâche, hissé, ramé, viré au son des couplets vigoureusement entonnés, des refrains gonflés de vie.
Face à l'abandon auquel l'océan le vouait, en but à la puissance des vents mauvais et des vagues chasseresses, l'homme de mer a clamé sa volonté d'exister.
Il n'est pas resté sans voix, a tenu à signaler sa présence. Ainsi, le marin a accompagné sa geste tel un enfant qui s'avance dans le noir, en faisant du bruit pour se donner du courage.
Au milieu de l'étendue bleue, les chœurs d'hommes ont averti : écoute-nous bien toi, "l'océan", nous n'avons pas peur !
Sans compter que sur l'étendue trompeuse, en périodes troubles, l'ennemi n'était jamais loin.
Alors les marins ont aussi chanté cet ennemi et le combat, raillant parfois leurs propres capitaines, rappelant dans le texte, qui changeait parfois au gré du vent, qu'ils étaient là surtout pour le parfum d'aventure et pour gagner leur vie, pas forcément pour se battre.
C'est pourquoi le chant de marin a été interdit d'armée parfois, tant la prose de l'homme ivre de mer est par essence irrévérencieuse, insoumise. Traversée de dérision.
"Nos prises au bout de six mois
Ont pu se monter à trois :
Un navire plein de patates
Plus qu'à moitié chaviré
Un deuxième de savates
Et le dernier de fumier !" (Le Corsaire grand coureur)
Au pire de la tourmente ou sertis dans l'ennui des mers d'huile, les marins ont bien sûr évoqué la nostalgie du port, tracé des lignes de retour. Ils ont imaginé et décrit ce qu'ils feraient en rentrant, s'ils rentraient !
Combien seraient meilleurs encore le rhum, le chouchen ou la bière, quand il n'y aurait plus à aller à la manœuvre dans la tempête, ni braver les cimes des mats de hunes, quand il serait possible d'être compté fin saoul sans qu'un officier ne vous punisse pour ça !
Et qu'elle serait douce la peau de la première femme qui voudrait bien s'intéresser à un marin qui a tant de choses à raconter ! Tant à déverser encore de trilles éraillés, du fond des bars et des clandés, alors que l'équipage ne fait même plus écho au chant de l'homme débarqué.
La suite dans la présentation de « Marins d’Iroise » où vous pouvez commander un CD :
La note « Erasmus Maritime : un Grand projet maritime pour l’Europe» a été envoyée aux ministres concernés ainsi qu’aux présidents des Régions et des Conseils généraux de l’Outre-Mer et à ceux de la façade maritime de Métropole.
Je viens de recevoir un courrier, en date du 16 octobre 2012, de Bernard Guillaume, chef de cabinet de Victorin Lurel, Ministre de l’Outre-Mer, qui m’indique que « Monsieur le Ministre a pris connaissance des différents éléments. Il vous présente ses félicitations pour la qualité du projet ».
J’en suis très honoré et cela m’incite à commencer à définir ce projet pour l’Outre-Mer car nous avons la deuxième surface maritime de la planète ; des îles superbes que j’ai eu le temps de découvrir lorsque j’étais pilote de B747 à Air France.
Il est temps de lancer un « Grand projet maritime européen » avec des grands voiliers-écoles où les Outre-Mer auront une place vraiment privilégiée tant par les possibilités de développement locales que par l’activité générée lors des escales de navires en navigation océanique ou en circumnavigation.
La deuxième surface maritime de la planète.
Avec 11 millions de km2 d’océans et de mers, dont 400.000 km² de plateau continental, la zone économique exclusive (ZEE) de la France représente la deuxième superficie maritime au monde !...
La première place revient de justesse aux États-Unis (11.351.000 km2), la troisième à l’Australie (8 millions de km2) et la quatrième à la Russie (7.566.000 km2).
Ainsi, la France est quasiment au même rang que les États-Unis en terme de surface maritime !...
D'après le droit de la mer, la zone économique exclusive (ZEE) est un espace maritime sur lequel un État exerce des droits souverains en matière d'exploration et d'usage des ressources. Elle s'étend à partir de la limite extérieure de la mer territoriale de l'État jusqu'à 200 milles marins (environ 370 km) de ses côtes au maximum.
La plus grande surface de notre ZEE est la Polynésie Française avec près de 4,7 millions de km2, soit la surface de l’Europe !...
La Martinique et la Guadeloupe ont une ZEE bien plus faible mais sont remarquablement bien placées pour le développement d’un projet de grands voiliers-écoles dans la zone Caraïbes !...
Le potentiel maritime de notre pays est extraordinaire et doit absolument être développé ; l’une des solutions est la présence de grands voiliers-écoles qui parcourront nos vastes surfaces maritimes, portant haut le drapeau national.
Avant de développer les opportunités d’un « Erasmus Maritime » pour la Polynésie Française, Nouméa et Wallis et Futuna, et pour la Réunion, Mayotte et les TAFF, je vais commencer par exposer les possibilités pour les départements et collectivités d’Outre-mer des Antilles.
LES ANTILLES
Les Antilles forment un vaste archipel s'étendant sur 3.500 km, de Cuba jusqu'au large du Venezuela, avec 235 830 km2 de terres émergées et 42 millions d'habitants.
Les Antillescomptent plus d'une centaine d’îles dont les plus grandes, les « Grandes Antilles », sont au nord tandis que les « Petites Antilles » sont plus au sud.
Les « Grandes Antilles »
Quatre îles des Antilles forment le groupe des « Grandes Antilles ».
Elles couvrent 90 % de la surface réunie de toutes les îles des Antilles.
Les « Petites Antilles »
Les « Petites Antilles » sont constituées des « Îles du Vent » formées par des îles volcaniques qui s’étendent en arc de cercle sur près de 850 km, entre Porto Rico à Trinidad, et par les îles « Sous le vent » longeant le nord du Venezuela.
Certains volcans de cette région sont célèbres pour leur activité volcanique ou leur style éruptif. La Montagne Pelée est le plus connu d’entre eux depuis son éruption de 1920 et par la nuée ardente qui a entraîné la destruction de Saint-Pierre.
Les « Petites Antilles » sont situées dans la zone des Alizés, des vents réguliers pendant une bonne partie de l’année et de Force 6 au maximum. Ils soufflent du Nord-Est au Sud-Est en fonction de la saison.
Les « Îles du vent » s’étendent du nord au sud : îles Vierges, Anguilla, Saint Martin, St Barthélemy, St Christophe, Antigua & Barbuda, Montserrat, St Kitts & Nevis, la Guadeloupe, la Dominique, la Martinique, Ste Lucie, St Vincent, la Barbade, Grenade, Trinidad & Tobago.
Vous trouverez ci-dessous une carte qui donne une idée des possibilités de navigations pour des grands voiliers-écoles qui seraient basés à la Martinique, à la Guadeloupe et en Guyane.
LA GUYANE
La Guyane a une superficie de 83 846 km2 et c’est le plus grand département français. Il est également le plus boisé car 96 % du territoire est recouvert par l’une des plus riches forêt de la zone équatoriale.
Le territoire guyanais fait partie des régions ultrapériphériques de l’Union européenne, tout comme la Guadeloupe et la Martinique.
C'est le seul territoire européen d'Amérique du Sud.
D’autres territoires d’États de l'Union européenne, situés dans l’Atlantique, ont le statut de territoires d'outre-mer.
Ce sont, dans les Caraïbes, les Antilles néerlandaises ,et, dans l’Atlantique sud, les îles Malouines (UK) qui administrent la Géorgie du Sud située en 54° sud, et les onze Îles Sandwich du Sud espacées entre 56° sud et 59° sud ; des espaces quasi polaires qui sont un important lieu de nidification de nombreuses espèces d'oiseaux de la zone arctique et subarctique.
L’Union européenne a défini huit Régions ultrapériphériques qui nécessitent des aides particulières pour rattraper le retard de développement dû à l’éloignement et à l’isolement :
En plus des départements d’Outre-mer, nous avons les collectivités d'Outre-mer (COM) qui disposent d’un statut voisin de celui des DOM, avec notamment un conseil territorial :
● collectivité d’Outre-mer de Saint-Barthélemy, située au nord de la Guadeloupe ;
● collectivité d’Outre-mer de Saint-Martin, située au nord de Saint Bart.
Afin d’aider au développement des Régions ultrapériphériques celles-ci bénéficient de plus de 11 milliards d'investissement communautaire pour la période 2007-2013 avec des sources de financement provenant du FEDER, FSE, FEADER, FEP, POSEI.
L’éloignement du continent européen, l'insularité, une faible superficie, un relief parfois abrupt et un climat tropical, la dépendance économique vis-à-vis de nombreux produits, sont des handicaps qui pénalisent sérieusement le développement de ces régions.
Par contre, les Régions ultrapériphériques possèdent de sérieux atouts car elles permettent à l'Union Européenne de détenir un territoire maritime très étendu, ce qui permet d’envisager de nombreuses possibilités de développement des relations avec les Caraïbes, l’Amérique centrale, la Macaronésie (Açores, Madère, îles Canaries et des îles du Cap-Vert) et le sud-ouest de l'Océan Indien.
Et c’est bien cette possibilité de développement des relations internationales dans les Caraïbes qui donne à un projet « d’Erasmus Maritime » aux Antilles tout son sens.
Un « Erasmus Maritime » pour les Antilles
Les Départements de Guadeloupe, la Martinique et la Guyane, et les Collectivités d’Outre-mer de Saint-Barthélemy et Saint-Martin, présentent un extraordinaire potentiel pour des grands voiliers-écoles tant par la multitude des navigations possibles entre les îles et les pays voisins que par un climat tropical très agréable une grande partie de l’année.
Je rappelle que le concept « d’Erasmus Maritime » consiste à embarquer des jeunes Européens qui navigueront, en équipage, à bord de grands voiliers-écoles, le long des côtes de l’Union européenne afin de découvrir l’Europe et sa diversité.
Sachant que nos départements et collectivités d’Outre-Mer font partie des Régions ultrapériphériques de l’Union européennes, le concept « d’Erasmus Maritime » s’applique aussi à la zone Caraïbes.
Ainsi, il est possible d’embarquer à bord de grands voiliers-écoles basés en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane, des jeunes de métropole, et de divers pays de l’Union européenne, qui passeront un mois à naviguer, en équipage, avec des jeunes Martiniquais, des jeunes Guadeloupéens et des jeunes Guyanais, mais aussi avec des jeunes originaires des grandes Antilles comme Cuba ou la Jamaïque, tout en bénéficiant du soutien des fonds européens.
Une incroyable multitude de possibilités !...
Cela permettrait aussi de développer les jumelages déjà en cours en Martinique, Guadeloupe et Guyane avec des partenaires étrangers.
De plus, sachant qu’il est préférable pour un grand voilier-école basé aux Antilles d’éviter, de juin à novembre, la saison des dépressions tropicales et des cyclones, il y a la possibilité de programmer à cette époque de l’année une navigation vers la métropole et l’Europe !...
Il y a là de belles possibilités de navigations, sachant que Saint-Pierre-et-Miquelon sera une escale préférentielle pour nos voiliers qui remonteront des Caraïbes !...
Juste un exemple de navigation avec une relève mensuelle des stagiaires : En juin, départ de Pointe-à-Pitre ou Fort-de-France, pour des escales à La Havane, New York, St-Pierre-et-Miquelon, Galway, Brest, Boulogne-sur-Mer, Bremerhaven, Copenhague, et retour avec des escales à Rouen, Bordeaux, La Corogne, Lisbonne, Casablanca, Dakar, puis, en novembre, traversée de l’Atlantique vers les Antilles…
Une bonne occasion pour les jeunes Guadeloupéens et les jeunes Martiniquais de découvrir les Caraïbes, l’Europe et le monde !...
Les ministères et collectivités publiques intéressées par le programme d’un « Erasmus Maritime » sont nombreux :
● Les Conseils généraux et les Régions de métropole et d’Outre-Mer, et de l’Union européenne, au titre de la formation humaine (collèges, lycées, universités, Direction départementale des affaires sanitaires et sociales, Protection judiciaire de la jeunesse) et du développement des relations internationales ;
● Le ministère de l’Éducation nationale pour les voyages de fin d’études des élèves de nos grandes écoles et universités, mais aussi pour les élèves des écoles professionnelles et les lycées maritimes ;
● Le ministère de l’intérieur pour la formation de ses fonctionnaires ;
● Le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, pour la politique de la Mer (ex : l’Ecole Nationale Supérieure Maritime) et le lancement du projet qui est suivi très attentivement par Frédéric Cuvillier, Ministre délégué chargé des transports, de la Mer et de la Pêche;
● Le ministère des Affaires sociales et de la santé au titre notamment de navigations pour les jeunes en crise existentielle (navigations thérapeutiques) ainsi que pour les personnes handicapées et la lutte contre l’exclusion ;
● Le ministère des Affaires étrangères pour l’extension du projet dans les pays européens et au-delà. Le projet a retenu l’attention de Bernard Cazeneuve, Ministre délégué chargé des Affaires européennes ;
● Le ministère de la Défense au titre de la Marine Nationale pour l’École Navale, et les différentes écoles de formation, ainsi que pour le détachement de « Volontaires des Armées »;
● Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche pour l’organisation de navigations pour les étudiants ;
● Le ministère des Sports, de la Jeunesse, de l'Education populaire et de la Vie associative ;
● Le ministère des Outre-Mer ;
● Le ministère de l'Economie et des Finances notamment pour la construction navale ;
● Le ministère du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, au titre des emplois générés par le projet.
Le financement des navigations peut être assuré en partie par les collectivités territoriales et les ministères concernés mais aussi par :
● le programme Interreg IV « Caraïbes » et les autres programmes européens;
● Les fondations et fonds de dotation désireux d’apporter à des jeunes une formation maritime et une découverte du monde ;
● et d’autres encore…
A titre d’exemple, je retiens le programme de « La Boudeuse » qui, le 5 novembre 2012, va partir de Fécamp pour une navigation de 8 mois vers le Cap Horn et l’Île de Pâques.
Chaque mois, quatre communes différentes enverront chacune quatre jeunes à bord du navire, soit 16 personnes en même temps pour une « Nouvelle Odyssée » qui concerne 128 jeunes, de 18 à 25 ans, originaires de 32 communes au total.
Un véritable « relais » qui apportera aux stagiaires une expérience humaine d’une rare intensité mêlant le goût de l’aventure au sens des responsabilités, la découverte du monde à l’esprit civique ; de quoi développer leur esprit d'entreprise et leur créativité !...
Le financement est assuré par un partenariat entre le « Fonds de dotation Mission Terre-Océan », regroupant ACTED et « l’Ecole de l’Aventure », propriétaire de « LaBoudeuse », et l’Association des maires de France(AMF) qui, à travers son « programme jeunesse international », finance une partie des charges liées à l’embarquement
Un véritable « modèle à suivre » !...
PROGRAMME INTERREG IV « CARAÏBES »
Afin de pallier aux difficultés structurelles des Régions ultrapériphériques, l’Union européenne a notamment mis en place le programme INTERREG IV « Caraïbes » qui a été approuvé par la Commission européenne le 27 mars 2008 au bénéfice des régions de Guadeloupe, Guyane, Martinique ainsi que des nouvelles collectivités d’Outre-Mer de Saint-Barthélemy et Saint-Martin.
Ce programme s’inscrit dans le cadre de la politique de cohésion de l’Union européenne et relève de l’objectif « coopération territoriale européenne » 2007/2013 qui vise à :
● renforcer la coopération au niveau transfrontalier par des initiatives conjointes locales et régionales ;
● renforcer la coopération transnationale par des actions favorables au développement territorial intégré en liaison avec les priorités de la Communauté ;
● renforcer la coopération interrégionale et l’échange d’expérience au niveau territorial approprié.
A ce titre, INTERREG IV « Caraïbes » bénéficie d’un budget d’environ 63 millions d’Euros, dont 75% au titre du Fonds européen de développement régional (FEDER).
Le solde (25%) est cofinancé par les Régions de Guadeloupe, de Guyane, de Martinique, les deux Collectivités d’Outre-mer (COM) de Saint-Barthélemy et Saint-Martin, par l’Etat, ainsi que par l’autofinancement privé. (Source)
En raison de ce programme, le concept « d’Erasmus maritime » présente un énorme potentiel en raison des possibilités de développement des relations entre nos DOM et COM et les pays de la « Zone Caraïbes ».
Les zones éligibles à la coopération du programme INTERREG IV « Caraïbes »sont :
● toutes les îles des Caraïbes, de Cuba à Trinidad et Tobago ;
● tous les pays et territoires continentaux qui ont une façade sur la mer des Caraïbes : Belize, Brésil pour partie, Colombie, Costa-Rica, Guatemala, Guyana, Guyane, Honduras, Mexique, Nicaragua, Panamá, Salvador et Venezuela ;
● d’autres pays voisins, non inclus dans la zone Caraïbes, comme le Canada, les Etats-Unis et le reste de l’Amérique latine.
Les navigations de grands voiliers-écoles entre les îles des Caraïbes rentrent dans les différents objectifs du programme INTERREG IV « Caraïbes » dans le cadre de :
● la création d’entreprise (armement naval) ;
● l’attractivité touristique ;
● la réduction du chômage ;
● l’amélioration de l’accessibilité et du maillage des liaisons internes ;
● développement de la communication transfrontalière ;
● rapprochement des populations ;
● développement des synergies entre les institutions et entre les territoires ;
● renforcement de la cohésion et de l’intégration sociale de l’espace Caraïbes ;
● développement des réseaux régionaux dans l’éducation et la formation ;
● encouragement du multilinguisme ;
● développement des actions culturelles et sociales conjointes.
● Ses caractéristiques lui permettent d’embarquer en navigation océanique une centaine de cadets : longueur hors tout : 98,00 m ; longueur de coque : 84,60 m ; longueur à la flottaison : 73,00 m ; largeur : 12,60 m ; hauteur maximale : 48,00 m ; tirant d'eau maximal : 5,20 m ; tonnage brut : 1 516 t ; nombre de voiles : 22 ; surface totale de la voilure : 2.026 m2 ;
● Il a été conçu, dès l’origine, en tant que voilier-école pour l’association des voiliers-écoles allemands, ce qui en fait une référence pour sa taille, son type de voilure et ses aménagements ;
● Le « Statsraad Lehmkuhl » a été lancé le 14 janvier 1914 sur le chantier Johann C. Tecklenborgde Bremerhaven-Geestemünde et navigue depuis cette époque. Une garantie pour un investissement sur le long terme ;
● Il est armé par la Fondation « Stiftelsen Seilskipet Statsraad Lehmkuhl » ». Ce qui indique qu’il est tout à fait dans les moyens d’une Fondation ou d’un GIP ;
● Il a reçu le « Boston Teapot Trophy » lors de la conférence annuelle de ‘Sail Training International’ qui s’est tenue à Halifax en novembre 2008.
Le « Boston Teapot Trophy » est une récompense accordée chaque année, depuis 1964, au voilier-école qui a établi la meilleure performance en navigation avec des cadets.
Les conditions pour obtenir le ‘Boston Teapot Trophy’ sont exigeantes car il est attribué au voilier-école, de n’importe quelle nationalité, qui couvre la plus grande distance sous voiles pendant une période de 124 heures (5 jours et 4 heures).
En novembre 2007, lors d’une navigation de Baltimore à Belfast, avec des cadets de l'Académie Navale norvégienne, le « Statsraad Lehmkuhl » a parcouru une distance de 1 118 miles nautiques (2 070 km) en 124 heures, c'est-à-dire plus que tout autre voilier pendant cette saison de navigation. Cela donne une vitesse moyenne de 9.02 nœuds pendant plus de cinq jours. La plus longue distance parcourue en quatre heures a été de 60 miles nautiques et la vitesse enregistrée la plus élevée a été de 18 nœuds sur une courte durée.
Pas mal pour un voilier presque centenaire !...
De sérieux arguments pour le prendre comme modèle !...
Ce type de projet pourrait intéresser le Conseil d’Orientation de la Recherche et de l’Innovation pour la Construction et les Activités Navales (CORICAN) qui regroupe l’ensemble des représentants de la filière navale française : acteurs publics (Etat, collectivités locales), ONG, syndicats, entreprises.
Le CORICAN se fixe comme objectif de contribuer sur le plan de la recherche, du développement et de l’innovation, à la définition et à la promotion du navire du futur, « navire propre, économe, sûr et intelligent ».
La réalisation d’un tel navire pourrait représenter un magnifique symbole du savoir-faire français tout en donnant un nouvel élan à l’idée européenne.
Financement d’un voilier du type « Statsraad Lehmkuhl »
Le coût à la construction d’un voilier-école du type Statsraad Lehmkuhl est d’environ 45 millions d’euros et une construction en série serait particulièrement bienvenue pour les chantiers navals STX de Lorient et CMN de Cherbourg.
Une commande de deux navires permet de baisser le prix de 15%, ce qui fait environ 38 millions d’euros l’unité.
La principale difficulté financière du projet sera celle des charges d’armement car un grand voiliers-école coûte annuellement, tout compris, environ 15% du prix neuf.
Ainsi, un grand voilier-école, de 84 mètres de longueur au pont, qui embarque 100 cadets pendant 50 semaines (5.000 semaines/mer), va coûter chaque année à la structure qui l’armera près de 6,75 millions d’euros.
Le coût de l’embarquement pour un stagiaire est ainsi d’environ 1350 euros par semaine (112 euros par jour et par personne). Dans ce prix sont inclus l’amortissement du navire, les charges carburant et d’entretien, les salaires de l’équipage, les assurances, les vêtements de mer, etc…
Si un financement public reste possible, il faut réaliser que c’est assez difficile en cette période de restriction budgétaire…
Un partenariat public-privé, réalisé au sein d’un Groupement d’intérêt public, serait peut-être la solution la plus adaptée afin de diluer les coûts pour les uns et les autres.
Le financement d’un grand voilier-école peut être assuré par une grande entreprise qui en confierait l’armement à une compagnie maritime reconnu et expérimenté comme la Compagnie Maritime Nantaise dont la flotte inclut le Bélem.
Le navire serait utilisé une partie de l’année pour la formation de ses salariés et pour la communication de l’entreprise.
Le reste du temps le voilier embarquerait des stagiaires pour le compte d’un Groupement d’intérêt public.
Une grande entreprise française pourrait-elle acheter un grand voilier-école dans ce but ?...
Je ne prends qu’un seul exemple : celui de la première entreprise française, une société travaillant dans le pétrole, et qui occupe la 6ème place au niveau européen. Elle s’est octroyé un bénéfice de 12,2 milliards d’euros pour l’exercice 2011 !...
Et bien, ce bénéfice de 12,2 milliards d’euros représente de quoi financer 320 grands voiliers-école du type « Statsraad Lehmkuhl » !...
C’est énorme, c’est gigantesque, et l’on peut se dire qu’il y a peut-être une possibilité de financement d’un navire si cette entreprise y trouve son compte en terme d’image !...
Il y a, en fait, plusieurs bonnes raisons pour qu’une grande entreprise finance et fasse construire un grand voilier-école :
● organisation de stages de formation pour ses salariés ;
● obtention d’une image dynamique, solidaire et écologique ;
● participation à des événements nautiques et relations publiques ;
● organisation de navigations pour les élèves des grandes écoles ;
● logo de l’entreprise sur la grand voile ;
● obtention d’une image solidaire auprès du public en mettant le navire à disposition d’un GIP une partie de l’année.
Création d’un G.I.P. Guadeloupe-Martinique-Guyane.
Il y a plusieurs types de financement mais un partenariat public-privé est vraiment intéressant si le navire est utilisé alternativement par l’entreprise propriétaire du navire et par un Groupement d’Intérêt Public (GIP).
Par ses possibilités de rassembler des partenaires publics et privés, le GIP est en effet bien adapté à l’armement d’un grand voilier-école.
Ce concept avait été retenu par l’association « Les Clippers de Normandie », que j’ai créée en novembre 1993, et qui avait pour objet :
1/ De participer, à partir de stages embarqués sur des grands voiliers assurant une pratique de la voile et la découverte de la mer, à l’éducation, la formation et la réinsertion d’adolescents et d’adultes.
2/ De rechercher au préalable des partenaires publics ou privés pour le financement et l’exploitation de ses bateaux à voile.
C’est d’ailleurs un GIP qui arme le « Marité », le dernier Terre-neuvier français.
Ainsi le développement d’un « Erasmus Maritime » pour les Antilles pourrait très bien passer par la création d’un « GIP Guadeloupe-Martinique-Guyane » avec pour partenaire une grande entreprise française.
J’ai l’impression de faire les plans d’un Cathédrale.
Une impression bizarre qui m’est venue progressivement.
Les architectes des Cathédrales étaient capables de concevoir des édifices religieux, absolument remarquables, qui ont défiés les siècles et ont été le lieu de rassemblement principal, et de communion, des Chrétiens.
Ces architectes ont réussi à élever à la gloire de Dieu, en défiant la gravité, des structures de craie, de granit, qui demandaient parfois plusieurs siècles de construction.
Lorsqu’ils voyaient les fondations se creuser, puis les premières colonnes s’élever, ils savaient qu’ils avaient réussi, même s’ils n’en verraient jamais la fin.
C’est, en toute modestie, un peu ce que j’éprouve actuellement.
Et c’est en définissant un vaste projet européen de grand voiliers-écoles, le projet d’un « Erasmus Maritime », que cette sensation m’est venue.
L’idée est de créer un « Erasmus Maritime » qui consisterait à construire un grand voilier-école pour chacune des 160 Régions maritimes de l’Union européenne.
Cela représente, pour notre pays, une quinzaine de grands voiliers-écoles du type « Statsraad Lehmkuhl », c'est-à-dire un investissement d’environ 700 millions d’euros en construction de navires.
Et, pour l’Europe, le projet représente un investissement de 7 milliards d’euros si chacune des 160 Régions maritimes fait construire un grand voilier-école !...
Un projet global, européen, vaste, capable de fédérer les peuples de l’Union européenne, en particulier les jeunes qui pourront embarquer sur une multitude de « Cathédrales de toile » capables de naviguer sur les océans de la planète.
Ils pourront ainsi découvrir le monde et l’infinie variété des richesses humaines et culturelles mais aussi admirer la voute céleste lorsqu’ils navigueront, toutes voiles dehors, au milieu de l’océan !...
Des sensations et des souvenirs inoubliables.
Ce projet sera réalisé non pas par moi-même, mais par nos nouveaux religieux, que sont les dirigeants politiques, et par les entreprises les plus puissantes du pays, avec, bien sûr, le soutien des citoyens.
Un projet qui rassemblera tous les individus, quelles que soient leurs origines ethniques et sociales, leurs croyances, leur philosophie.
Aussi, je fais aujourd’hui une synthèse de ce projet qui commence à retenir l’attention du pouvoir politique.
Et, si cela ne marche pas avec nos dirigeants actuels, il sera toujours temps de créer le « Parti de la Mer » !...
Tall Ships Race 2012 - Les grands voiliers à Saint-Malo
Voici cette synthèse :
François Hollande, Président de la République, Michel Delebarre, sénateur-maire de Dunkerque, Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Bernard Cazeneuve, ministre délégué chargé des Affaires européennes, Alain Le Vern, président de la Région Haute-Normandie, Didier Marie, président du Conseil général de Seine-Maritime, et André Viola, président du Conseil Général de l’Aude, ont eu leur attention retenue par le projet de développer un « Erasmus Maritime ».
Le concept « d’Erasmus Maritime » consiste à embarquer des jeunes Européens qui navigueront, en équipage, à bord de grands voiliers-écoles, le long des côtes de l’Union européenne.
Ce projet est initialement un soutien à la construction navale mais il permettra aussi de :
● développer l’activité portuaire ;
● développer une activité de substitution aux secteurs condamnés à plus ou moins long terme (ex : pêche, ligne de ferry) ;
● d’apporter une dimension internationale, et maritime, à la formation des lycéens et des étudiants ;
● donner à ceux qui sont défavorisés, ou marginalisés, une opportunité de sortir de leur milieu en découvrant la planète, tout en acquérant des bases pour vivre en communauté;
● développer les relations entre les régions maritimes européennes en organisant des navigations de type « classes de mer » ;
● développer les échanges économiques entre les régions maritimes européennes ;
● mettre à disposition des Régions un superbe « ambassadeur », en l’occurrence un grand voilier-école, qui symbolisera le dynamisme des entreprises et des collectivités territoriales associées, leur ouverture sur le monde et la volonté de développer une formation riche et internationale pour les jeunes ;
● développer des liens forts entre les Régions périphériques maritimes qui regroupent 160 régions de 28 pays de l’Union européenne, et 200 millions d’habitants ;
● développer de nouvelles activités pour les Antilles, la Guyane, la Réunion, la Polynésie et la Nouvelle-Calédonie, par une exploitation locales de grands voiliers-écoles, mais aussi par l’activité économique engendrée par les escales de grands voiliers-écoles en navigation transatlantique ou en tour du monde.
● développer des jumelages avec des ports situés au Proche et au Moyen-Orient, en Amérique du nord et du sud, Afrique, Asie, Océanie et Australie.
Outre la dimension maritime, la principale différence de ce projet par rapport au programme Erasmus, déjà développé par l’Union européenne, réside dans le fait qu’il s’adresse à tous les jeunes, y compris à ceux qui ne font pas d’études supérieures.
Ce sera, pour ceux qui sont les moins doués, une nouvelle opportunité de travailler à l’étranger, dans des entreprises ou des collectivités qu’ils découvriront au cours de leur périple, ce qui leur permettra de se sentir, ainsi, progressivement, des citoyens Européens.
Le voilier retenu
Nous avons, en France, un modèle de voilier-école qu’il serait bon de reproduire car il a fait ses preuves durant de longues années, et c’est le Duchesse-Anne, ancien voilier-école allemand, exposé en bateau-musée dans le port de Dunkerque.
Ce navire fait partie d’une série de quatre voiliers-écoles de la marine marchande allemande, dont le Statsraad Lehmkuhl, voilier-école norvégien construit en 1914, et qui, armé par une fondation, navigue toujours, avec des cadets, au départ de Bergen.
Longueur hors tout : 98,00 m ; longueur de coque : 84,60 m ; longueur à la flottaison : 73,00 m ; largeur : 12,60 m ; hauteur : 48,00 m ; tirant d'eau : 5,20 m.
Un grand voilier-école pour chaque Région maritime
Le développement de l’autonomie des Régions est une priorité, et un grand voilier-école pour chaque Région constituerait un superbe ambassadeur à la fois pour les entreprises et pour les collectivités publiques.
Si l’on compte les Antilles, la Guyane, la Réunion, Nouméa et la Polynésie, cela ferait plus d’une douzaine de navires à construire.
Le coût à la construction d’un voilier-école du type Statsraad Lehmkuhl est d’environ 45 millions d’euros et une construction en série serait particulièrement bienvenue pour les chantiers navals STX de Lorient et CMN de Cherbourg.
La principale difficulté financière du projet sera celle des charges d’armement car un grand voiliers-école coûte annuellement, tout compris, environ 15% du prix neuf.
Ainsi, un grand voilier-école, de 84 mètres de longueur au pont, qui embarque 100 cadets pendant 50 semaines (5.000 semaines/mer), va coûter chaque année à la structure qui l’exploitera près de 6,75 millions d’euros.
Le coût de l’embarquement pour un stagiaire est ainsi d’environ 1350 euros par semaine (112 euros par jour et par personne). Dans ce prix sont inclus l’amortissement du navire, les charges carburant et d’entretien, les salaires de l’équipage, les assurances, les vêtements de mer, etc…
Le financement d’un voilier-école peut être assuré par une entreprise qui l’utilisera, une partie de l’année, pour la formation de ses salariés, et le mettra à disposition des collectivités le reste du temps.
Un Groupement d’Intérêt Public par Région
La structure la plus adaptée est celle du Groupement d’intérêt public (GIP) qui permet de développer un partenariat bénéfique entre une entreprise, propriétaire du navire, qui l’utilisera pour la formation de ses collaborateurs et sa communication, et des collectivités publiques régionales pour développer leurs actions éducatives et sociales.
Un armement naval financé par une grande entreprise permet, de plus, de commander les navires sur nos chantiers navals, en contournant la législation sur l’obligation d’un d’appel d’offre européen si c’est un GIP qui commande.
Le GIP est une structure éprouvée, retenue pour armer, et sauver, le Marité, le dernier Terre-neuvier français.
Les membres du « GIP Marité » sont l’association "Les amis du Marité", la Fondation du patrimoine maritime et fluvial, la ville de Fécamp, la ville de Granville, la ville de Saint-Vaast-la-Hougue, le Conseil général de la Manche, et la Communauté d’agglomération Seine-Eure.
Dans les autres pays européens, la structure juridique d’armement sera équivalente, que ce soit une Fondation, un Trust, ou toute autre structure juridique adaptée à l’objet social.
Dix-neuf personnalités du monde maritime viennent de créer « l’Association du grand voilier-école ».
La parution au Journal officiel précise que l’objet est de « promouvoir auprès de la jeunesse les valeurs humaines et professionnelles de la grande marine à voile en mobilisant des acteurs du monde maritime autour d’un projet baptisé "Grand Voilier École" ; constituer une première étape vers la réalisation de ce projet d’envergure et de dimension nationale ».
La déclaration en Préfecture a eu lieu le 14 septembre 2012 et le siège est au « Cluster Maritime Français ».
Je reprends un extrait paru dans « le Marin » du 12 octobre 2012 et intitulé « Trois-mâts ; un projet de voilier-école ? » :
« Avec deux amiraux à la barre, le projet de grand voilier-école français prend la mer. L’amiral Pierre-François Forissier, ancien chef d’Etat-major de la Marine, et le vice-amiral Olivier Lajous, ancien DRH de la Marine, font partie des membres fondateurs de l’association du grand voilier-école. A leurs côtés se trouvent des passionnés comme Armel Le Strat, ancien président de La Touline, ou Patrice L’Hour, ancien commandant de la goélette Étoile et du dundee Mutin.
L’association a tenu son premier conseil d’administration à Brest, le lundi 8 octobre. Cette structure est appelée à se transformer à terme en fondation qui entreprendra la construction de ce voilier.
Même si certains de ses promoteurs sont issus de la Marine, le projet n’a rien de militaire. « L’idée est ancienne, rappelle l’amiral Forissier. Nous sommes un peu les héritiers d’Éric Tabarly. Il souhaitait que la France se dote d’un grand voilier mais n’avait pas réussi à mobiliser suffisamment ». Résultat la France n’a pas de navires comparables au Juan Sebastian de Elcano espagnol, au Gorch Fock allemand, au Winston Churchill britannique, à l’Amerigo Vespucci italien, ou encore au Cuauhtémoc mexicain ou au Cisne Branco brésilien.
Les promoteurs du grand voilier-école partent du constat d’un « manque » à combler. Ils voient avant tout dans un tel navire un outil de formation humaine. Le grand voilier-école doit embarquer des jeunes de 16 à 26 ans pour leur faire découvrir la mer, la voile… et eux-mêmes. « Ce ne sera pas un outil de reproduction de l’élite maritime, insiste l’amiral Forissier. Il sera ouvert au plus grand nombre.
Le projet est ambitieux. Il vise à construire un trois-mâts à coque acier de 90 mètres de long susceptible d’embarquer 110 personnes, dont 80 à 90 élèves. Il aurait une allure de voilier traditionnel tout en disposant des technologies les plus modernes. Il disposerait des automatismes nécessaires pour pouvoir naviguer avec un équipage réduit de 20 à 25 marins.
Le chantier de construction se déroulerait en France et durerait deux ans. Budget : entre 40 et 50 millions d’euros.
L’association du Grand voilier-école va maintenant s’attacher à réunir des promesses de dons..
Elle se donne cinq ans pour mener le projet à son terme. »
Tout ceci est assez amusant car la création de « l’Association du Grand voilier école » me rappelle la constitution de l’association « Les Clippers de Normandie », que j’ai créée en novembre 1993, et qui avait pour objet :
1/ De participer, à partir de stages embarqués sur des grands voiliers assurant une pratique de la voile et la découverte de la mer, à l’éducation, la formation et la réinsertion d’adolescents et d’adultes.
2/ De rechercher au préalable des partenaires publics ou privés pour le financement et l’exploitation de ses bateaux à voile.
J’avais comme membres fondateurs d’éminentes personnalités du monde maritime dont le vice-amiral Charles-Henri Méchet, préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord, JLLD, un contre-amiral des commandos, Jean Randier, capitaine au long cours et spécialiste des grands voiliers, André Trocheris, capitaine au long cours et président de l’Association française des Capitaines de navires (AFCAN), Jean Recher, capitaine de pêche à Terre-Neuve, auteur du ‘Grand métier’, et d’autres personnalités comme Charles Revet, président du Conseil général de la Seine-Maritime, ou encore Jean-Paul Godon et Yvon Menguy.
Ce n’est pas sans émotion que je me rappelle ce groupe de travail qui s’était constitué en « Laboratoire d’idées » pour conseiller le pouvoir politique afin de faire construire des grands voiliers-écoles pour les jeunes Français et les jeunes Françaises.
Jean Randier et André Trocheris ne sont plus là, car, il y a 19 ans, ils avaient l’âge que j’ai actuellement…
En avril 1996, j’ai laissé la présidence de l’association, devenue « Les Clippers de France », à l’amiral Méchet car j’étais à l’époque commandant de bord B747 à Air France et je savais que je ne pourrai jamais faire simultanément mon métier et présider un laboratoire d’idées.
De plus, l’amiral Méchet avait de très nombreuses connaissances dans le milieu maritime et devait logiquement réussir bien mieux que moi cette aventure !...
Il a d’ailleurs lancé un appel aux anciens de l’IHEDN, et c’est près de 30 amiraux, dont trois anciens chefs d’État-major de la Marine qui se sont inscrits dans l’association.
Et bien, avec le « gratin » de la Marine Nationale et du monde maritime, nous n’avons jamais pu trouver un quelconque financement pour construire un seul grand voilier-école !...
Pour quelles raisons ?...
Avec le recul, il me semble qu’un tel projet, qui est destiné à embarquer des jeunes sur les océans et vers d’autres continents, doit avoir dans son concept, dès l’origine, une dimension internationale et que le projet doit être réalisé par le pouvoir politique !...
J’ai ensuite proposé à François Hollande, en juin 2012, dans la continuité de ma démarche, de lancer cet « Erasmus Maritime » qui consisterait à construire un grand voilier-école pour chacune des 160 Régions maritimes de l’Union européenne.
Il faudrait alors envisager de construire, pour notre pays, une quinzaine de grands voiliers-écoles du type « Statsraad Lehmkuhl », c'est-à-dire d’investir environ 700 millions d’euros en construction de navires.
Vidéo « Statsraad Lehmkuhl » (langue allemande)
Une manne qui serait vraiment bienvenue pour le chantier naval STX de Lorient ou les CMN de Cherbourg.
Certains pourront penser que le projet est franchement "gros" et pas très réaliste.
Je leur répondrais simplement, qu’en tant que commandant de bord B747, j’avais entre les mains un appareil de 200 millions d’euros, la vie de 350 passagers ; le tout assuré pour 1 milliard et 250 millions d’euros !...
Une responsabilité directe parfois stressante, que bien peu de personnes ont pu avoir.
Evidemment, pour l’Europe, le projet représente un investissement de 7 milliards d’euros si chacune des 160 Régions maritimes fait construire un grand voilier-école !...
Et bien cette somme, 7 milliards d’euros, représentent la moitié du programme du missile M51 !...
Et j’ouvre une petite parenthèse en rappelant qu’en 2003 le général de réserve Étienne Copel a contesté dans un ouvrage, puis dans différentes interviews, le remplacement du M45 par le M51 ainsi que le format de la Force Océanique Stratégique (FOST) à quatre sous-marins nucléaires lanceur d’engins (SNLE).
Selon le général Copel, « remplacer les M45 par les M51 [...] n'est pas un progrès. C'est une régression. Qui nous coûtera environ 15 milliards d'euros ».
Cette critique de la dissuasion nucléaire se justifie par des motifs économiques (« défense civile, modernisation des Armées et réduction du déficit de l'État ») et stratégiques : « La première est que les missiles M45 qui sont en train d'équiper nos sous-marins nucléaires sont de véritables bijoux. Ils bénéficient de toutes les aides à la pénétration les plus modernes, leur portée est telle qu'un seul sous marin pourrait menacer, en même temps, à la fois New York, Alger et Moscou, leur fiabilité est excellente [...]. La deuxième raison qui montre que nous n'avons aucune raison de changer nos missiles est que, depuis l'effondrement du monde soviétique, personne ne dispose de système d'interception de missiles balistiques. Mieux, personne ne développe de tels systèmes. Même pas les Américains pour faire face à des missiles nettement moins sophistiqués que nos missiles M45. Certes, les États-Unis ont assez régulièrement des projets de défense antimissiles, mais ils ne passent pas à l'acte, tant il est difficile et coûteux d'intercepter un missile balistique arrivant de la stratosphère à plusieurs milliers de mètres par seconde [...]. Dans ces conditions, il est clair qu'il n'y a aucune raison opérationnelle de dépenser des milliards pour remplacer nos missiles M45 par de nouveaux missiles M51 [...] dont on ne pourra même pas tester les têtes nucléaires, puisque c'est maintenant interdit ! » (Source).
Je rappelle que le général Bernard Norlain, avec qui j’ai participé au documentaire « le secret américain », critique lui aussi vivement la dissuasion nucléaire (voir l’article du Point).
Personnellement, il me semble que le désarmement nucléaire doit être simultané dans tous les pays de la planète et, qu’à défaut, il n’y a pas d’autre solution que le « Status quo ».
Mais, ce qui m’a toujours choqué, c’est que l’être humain est capable de dépenser des sommes absolument colossales dans des programmes d’armement et absolument rien dans la construction de grands voiliers-écoles !...
Un véritable « gag », franchement sinistre.
Tout cela pour conclure qu’un projet de construction de 160 grands voiliers écoles pour l’Union européenne, soit un coût total de 7 milliards d’euros, et bien cela représente la moitié du coût d’un programme d’armement majeur, et uniquement français !...
Une rencontre exceptionnelle à Fécamp pour ce mois d’octobre 2012 : Le Marité et La Boudeuse sont tous deux dans notre port cauchois !...
Le Marité.
Le Marité est un trois mâts goélette en bois construit à Fécamp en 1923 pour la pêche à la morue sur les bancs de Terre-Neuve.
Le navire a pu faire cinq campagnes de pêche sur les « bancs », jusqu’en 1929, avant de laisser la place aux gros chalutiers à vapeur.
Il tient son nom de Marie-Thérèse Le Borgne, la fille de l’armateur fécampois et marraine du navire.
Le Marité a une longueur hors tout de 47 mètres, porte 650 m² de voiles et déplace 450 tonnes pour un tirant d’eau de 4,20 mètres.
Ce navire est un « revenant » car il a bel et bien failli terminer ses jours à l’abandon dans un port du Nord de l’Europe. Dans un premier temps, il a été sauvé par un groupe de jeunes Suédois qui l’ont acheté en 1978.
Auparavant, de 1930 à 1935, le voilier avait été utilisé au Danemark pour la grande pêche en Islande et au Groenland et ensuite pour le fret de charbon et de toison de mouton entre les îles Féroé et le Danemark.
Pendant la seconde guerre mondiale, en Grande Bretagne, il est de nouveau à la grande pêche qu’il continuera jusqu’en 1953.
A partir de 1954, il perd sa voilure pour se consacrer à la pêche à la crevette et au hareng jusqu’à son désarmement en 1969.
Après 46 ans d’utilisation intensive, le navire avait son « compte » et c’est à Stockholm qu’une première rénovation est entreprise, de 1978 à 1987, et qu’il commence une nouvelle carrière à la voile et au charter.
En 1992, il prend le nom de Bla Marité af Pripps et se distingue à la Cutty Sark.
Au début 1999, Jacques Chauveau, président de l'association Amerami, apprend que le Marité est à vendre.
La structure juridique de Groupement d’intérêt public (GIP) est bien adaptée à l’armement de grands voiliers-écoles dans un but social, éducatif, ou d’intérêt général.
C’est celle qui a été retenue par le laboratoire d’idées, « Les Clippers de Normandie », que j’ai créé en 1993, et qui avait pour objet :
1/ De participer, à partir de stages embarqués sur des grands voiliers assurant une pratique de la voile et la découverte de la mer, à l’éducation, la formation et la réinsertion d’adolescents et d’adultes.
2/ De rechercher au préalable des partenaires publics ou privés pour le financement et l’exploitation de ses bateaux à voile.
Le « GIP Marité » est présidé par Gérard d'Aboville qui achète le Marité pour 2,4 millions d'euros.
Le navire est révélé au public par l'émission Thalassa sur France 3 et, en 2004 et 2005, il fait le tour des ports de France.
Puis la situation se complique sérieusement car les évaluations sur l’état de la coque du voilier sont franchement catastrophiques.
C’est une longue restauration qui commence alors, pour se terminer en juin 2012 !...
Vous pouvez trouver le descriptif de cette restauration dans le « Chasse-Marée » du mois d’octobre 2012.
Un utile rappel pour réaliser combien il est difficile dans notre pays de rénover des navires anciens ou encore de créer des écoles de voile de haute mer…
J’ajoute que cette restauration me touche particulièrement car l’un de mes arrières grands pères, Jules-Maximilien Duboc, a disparu sur un voilier de ce type, le Notre Dame de Lourdes , en 1907, vraisemblablement sur les côtes d’Islande.
Il était parti pour une campagne de pêche à la morue et le navire a sombré, corps et biens, lors d’une tempête.
Il a laissé, à 33 ans, une femme et quatre petits.
« La Boudeuse »
Si le Marité est une magnifique restauration qui a demandé de nombreuses années d’efforts, notamment des collectivités publiques qui y ont investis près de 4 millions d’euros, il n’en demeure pas moins que je me pose cette question : « C’est pourquoi faire ?...».
Car un navire, c’est fait pour naviguer, transporter des passagers ou du fret, pêcher ou encore assurer la formation de cadets comme le font nombre de grands voiliers-écoles des marines militaires ou civiles.
C’est en sens que j’ai d’ailleurs proposé à François Hollande de lancer un « Erasmus Maritime » qui consisterait à construire un grand voilier-école pour chacune des 160 Régions maritimes de l’Union européenne.
Un projet extrêmement ambitieux, de la taille du programme « Airbus ».
Le monde change et il faut trouver de nouveaux paradigmes pour arriver à vivre TOUS en paix sur notre planète ; le développement de la navigation hauturière, à grande échelle, pour les citoyens du monde, sera, je l’espère, l’un de ces nouveaux paradigmes.
Car, si l’époque des grands voiliers du commerce est terminée depuis longtemps, les grands voiliers-écoles constituent une remarquable école de vie et de découverte du monde.
La Boudeuse a été construite en 1916 sur le chantier Figge à Vlaardingen au Pays-Bas.
C’est un trois mâts goélette en acier de 34 mètres de longueur au pont, d’un déplacement de 250 tonnes, et capable d’embarquer une trentaine de membres d’équipage et de cadets.
La Boudeuse a tout d’abord été armée pour le commerce en Baltique et Mer du Nord avant de devenir un voilier-école suédois à la fin des années 1930.
En 2003, c’est Patrice Franceschi qui rachète le navire et le rénove sur le chantier de Camaret pour effectuer des navigations hauturières, côtières et fluviales, avec son association « l’école de l’Aventure ».
Sous pavillon français, et après avoir été rebaptisé La Boudeuse en hommage à l’explorateur français Louis Antoine de Bougainville, il part pour un tour du monde consacré à la découverte des « peuples de l'eau ».
La Boudeuse a commencée à être mieux connue du public lors de son escale à Paris en octobre 2007.
En octobre 2009, La Boudeuse est repartie pour une nouvelle mission « Terre-Océan », dans le cadre du Grenelle de la mer.
Deux années de missions scientifiques étaient prévues autour de trois grands thèmes : le développement durable, le dialogue des cultures et la biodiversité.
Des scientifiques attachés au CNRS, au CNES et au Muséum d'histoire naturelle se sont relayés à bord pour étudier la biodiversité, les modifications climatiques, la montée des eaux, la surpêche, en participation avec des scientifiques locaux.
Mais l’absence de financement promis par le ministère de l’Écologie, près de 500.000 euros, entraine un arrêt de l’aventure le 1er juin 2010.
Le navire doit être mis en vente à la Martinique.
Après un retour en métropole, La Boudeuse reste à l’Île de Nantes pendant plusieurs mois à partir de septembre 2010.
Mais la « galère » ne s’arrête pas là !...
La Boudeuse est saisie par le fisc le 13 décembre 2010 en raison d'un impayé de TVA !...
Il faut avouer que Patrice Franceschi a accumulé « coup de chien » sur « coup de chien » !...
Le Fonds de dotation est une structure juridique parfaitement adaptée à l’action sociale et éducative à partir du moment où les objectifs sont d’intérêt général.
Celui-ci a été à la fois un échec et une réussite.
Un échec, car nous n’avons jamais eu le rescrit fiscal, et une réussite car nous savons maintenant que si une entreprise fait construire un grand voiler-école, qui naviguerait dans un but éducatif et social, et bien elle ne bénéficiera d’aucun abattement fiscal au titre de la construction !...
Toujours est-il que le « Fonds de dotation Mission Terre-Océan » devrait permettre à de nombreux jeunes d’embarquer à bord de La Boudeuse et de naviguer sur les océans !...
Prochainement, une nouvelle aventure commence pour La Boudeuse avec un programme éducatif intitulé « La Nouvelle Odyssée » !...
Ce sera une navigation de huit mois, d’octobre 2012 à mai 2013, rendue possible grâce à un partenariat entre le « Fonds de dotation Mission Terre-Océan », regroupant ACTED et « l’Ecole de l’Aventure », propriétaire de La Boudeuse, et l’Associationdes maires de France (AMF).
C’est l’Association des maires de France, dont le Président est Jacques Pélissard, maire de Lons-le-Saunier, qui, à travers son « programme jeunesse international » finance une partie des charges liées à l’embarquement pour cette « Nouvelle Odyssée » de 128 jeunes, de 18 à 25 ans, provenant de 32 communes.
Au début novembre 2012, La Boudeuse quittera Fécamp pour une navigation de 8 mois, en huit étapes :
Etape 1 : De Fécamp à Dakar, avec pour escales Lisbonne, Madère, les Canaries, la Mauritanie ;
Etape 2 : De Dakar à Cayenne avec escale aux Îles du Cap-Vert ;
Etape 3 : De Cayenne à Buenos Aires en passant par l’Amazone et Rio de Janeiro ;
Etape 4 : De Buenos Aires à Ushuaia avec au programme les îles Malouines et les canaux de Patagonie ;
Etape 5 : D’Ushuaia à l’Ile de Pâques, avec pour route le Cap Horn, Valparaiso et l’Ile de Robinson Crusoé ;
Etape 6 : De l’Ile de Pâques à Panama en passant par les Galápagos ;
Etape 7 : Du Panama aux Bermudes par les Antilles ;
Etape 8 : Des Bermudes à Fécamp
Chaque mois, 4 communes différentes enverront chacune quatre jeunes à bord du navire, soit 16 personnes en même temps.
Un véritable « relais » qui apportera aux stagiaires une expérience humaine d’une rare intensité mêlant le goût de l’aventure au sens des responsabilités, la découverte du monde à l’esprit civique ; de quoi développer leur esprit d'entreprise et de leur créativité !...
Un véritable « modèle à suivre » !...
Une belle aventure, et je ne peux que leur souhaiter à tous : « Bonne route et bon vent !... »
La proposition que j’ai faite à François Hollande de construire un grand voilier-école pour chaque Région maritime afin de créer un « Erasmus Maritime » pour les collégiens, les lycéens et les étudiants, a retenu l’attention de Bernard Cazeneuve, ministre délégué chargé des Affaires européennes.
Je rappelle que le concept « d’Erasmus Maritime » consiste à embarquer des jeunes Européens qui navigueront, en équipage, à bord de grands voiliers-écoles, le long des côtes de l’Union européenne.
Outre la dimension maritime, la principale différence de ce projet par rapport au programme Erasmus, déjà développé par l’Union européenne, réside dans le fait qu’il s’adresse à TOUS les jeunes, y compris à ceux qui ne font pas d’études supérieures.
Ce sera, pour ceux qui sont les moins doués, une nouvelle opportunité de travailler à l’étranger, dans des entreprises ou des collectivités qu’ils découvriront au cours de leur périple, ce qui leur permettra de se sentir, ainsi, progressivement, des citoyens Européens.
Dans un courrier, en date du 26 septembre 2012, Bernard Cazeneuve m’écrit que :
« J’ai bien reçu la copie du courrier que vous avez adressé au Président de la République.
Les propositions que vous formulez ont retenu toute mon attention, à la fois en raison de mes précédents mandats locaux, à Cherbourg, et au titre de mes fonctions actuelles.
Comme vous le savez, j’accorde aux enjeux maritimes européens une importance toute particulière. Les idées que vous avancez contribueront à ma réflexion sur ces sujets. »
J’avais déjà proposé un projet très proche à Claudie Haigneré, ministre déléguée aux Affaires européennes du gouvernement Raffarin, mais ce fut sans succès.
Ce n’est pas le cas de Bernard Cazeneuve qui a saisi les magnifiques possibilités d’un « Erasmus Maritime » pour relancer la construction navale et l’idée européenne, pour créer de nouveaux liens entre les régions maritimes européennes, pour développer l’activité portuaire, pour apporter une formation maritime et humaine aux jeunes.
Les possibilités sont nombreuses et, si le projet d’un « Erasmus Maritime » est retenu par le gouvernement, Bernard Cazeneuve sera en première ligne pour le présenter à ses collègues européens lors des réunions internationales.
A titre d’exemple, le 1er octobre, Bernard Cazeneuve était en déplacement à Varsovie où il a rencontré Piotr Serafin, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes de Pologne, et Michael Link, ministre délégué aux Affaires européennes d’Allemagne ; ceux-ci pourraient être intéressés par le projet.
En effet, l’Allemagne et la Pologne ont eu une activité maritime commune et déjà européenne du XIIe au XVIIe siècle, du temps de la Ligue Hanséatique dont les routes commerciales allaient de Cologne à Novgorod.
Une époque commerciale qui a fortement marqué le développement des régions bordant la Mer du Nord et la Baltique.
Un programme maritime de grands voiliers-écoles pourraient faire revivre, dans un but social et culturel, cet espace maritime, et même l’étendre.
Bernard Cazeneuve a aussi retenu le projet en raison de ses précédents mandats locaux : député-maire de Cherbourg-Octeville, président de la communauté urbaine de Cherbourg, et premier vice président du conseil régional de Basse-Normandie chargé du développement économique, de la politique maritime et du tourisme.
Car la Région Basse-Normandie, et en particulier Cherbourg-Octeville, pourrait trouver dans ce projet de nouvelles opportunités de développement industriel et une plus vaste dimension internationale avec des échanges culturels multipliés vers les autres Régions maritimes européennes.
Le port de Cherbourg, au même titre que Saint-Malo et Brest, occupe une position privilégiée pour des navigations vers l’Irlande et les côtes ouest de l’Angleterre et de l’Écosse.
La construction d’une flotte de grands voiliers-écoles serait particulièrement bénéfique pour les ports de la Manche, de Brest à Dunkerque, et pourrait apporter un nouveau dynamisme à des économies locales parfois en situation critique.
De plus, le « marché » de la croisière éducative à bord de grands voiliers-écoles ne se limite pas aux Régions maritimes qui bordent la Manche.
Il faut, en effet, compter sur l’agglomération parisienne et ses 11 millions d’habitants !... A comparer à la population de la Haute-Normandie, 1,8 million d’habitants, et à celle de la Basse-Normandie qui se monte à 1,4 million d’habitants…
Les Normands sont 3,2 millions, soit près d’un quart des habitants de l’agglomération parisienne !...
Si, en cas de lancement d’un « Erasmus Maritime », les élus normands créent de nouveaux jumelages avec des ports de l’Europe du Nord, cela pourrait aussi intéresser les élus du « Grand Paris » qui souhaiteraient développer les échanges culturels internationaux de leurs collectivités !...
Et là, ce n’est plus un voilier qui serait nécessaire par Région maritime mais plutôt trois ou quatre !...
De quoi intéresser fortement les chantiers navals STX de Lorient ainsi que les chantiers CMN de Cherbourg qui commencent à se désespérer de la crise économique.
Le « Statsraad Lehmkuhl » en navigation avec le Sørlandet” et le “Christian Radich »
Sachant que le projet d’un « Erasmus Maritime » ne peut réussir que s’il est aussi retenu par les autres pays européens, on arrive à un nombre plus que conséquent de grands voiliers à construire en Europe, car il y a tout de même 160 Régions maritimes dans l’Union européenne !...
Et bien, cela se rapproche de la taille du programme Airbus !...
D’ailleurs le prix d’un « Statsraad Lehmkuhl » est de 45 millions d’euros, soit le prix d’un Airbus 320 !...
Un type d’avion que je connais bien puisque j’ai été commandant de bord à Air France sur A320 pendant près de cinq ans – ce qui m’a permis de découvrir l’Europe.
Toujours est-il que Cherbourg présente une situation absolument remarquable pour un accès rapide vers les Régions de la façade Ouest du Royaume-Uni ainsi que vers les Régions irlandaises.
Un grand voilier-école serait aussi un moyen unique pour créer de nouveaux échanges maritimes avec les ports de Poole et de Bremerhaven, jumelés avec Cherbourg-Octeville.
Le jumelage de Cherbourg avec le port allemand de Bremerhaven a maintenant 50 ans.
L’Europe n’a pu se reconstruire, progressivement, au fil des décennies, que par la création de l’Union européenne et par une multitude d’autres d’actions comme, par exemple, les jumelages.
Soixante ans d’efforts des dirigeants politiques allemands et français ont permis d’effacer chez les jeunes le souvenir des ravages de trois guerres franco-allemandes, de 1870 à 1945, et de construire une Europe en paix avec elle-même.
Ceci est causé par une défiance croissante vis-à-vis de l’euro.
Selon le président du directoire de la fondation Bertelsmann, les mauvais résultats de sondages récents sur l’attachement à l’Europe constituent un signal d'alarme : "Jamais on n'avait jugé si mal l'UE et l'euro, surtout en Allemagne."
C’est relativement inquiétant et de mauvais augure pour l’avenir.
Mais, si chaque port, chaque Région maritime, essaie de faire "un peu plus d’Europe" en créant des liaisons avec des grands voiliers-écoles entre les ports européens, par exemple entre Cherbourg et Bremerhaven, et bien nous pourrons peut-être compenser la baisse de l’idée européenne chez les citoyens, en particulier les jeunes.
De la même façon, des navigations peuvent être organisées entre Cherbourg et Poole, et vers bien d’autres ports européens…
Un grand projet en vue pour Cherbourg ?…
Ce sont les élus qui le décideront.
Les opportunités d’un « Erasmus Maritime », qui est aussi un « Grand projet maritime pour l’Europe », sont si vastes que chaque élu peut rêver de développer fortement les jumelages de sa ville, de son port, de sa Région, avec d’autres collectivités de l’Union européenne.
Le développement d’un « Erasmus Maritime » commence à intéresser plusieurs Régions maritimes.
Je rappelle que le concept « d’Erasmus Maritime » consiste à embarquer des jeunes, des lycéens, des étudiants, de plusieurs nationalités, qui navigueront, en équipage, à bord de grands voiliers-écoles, le long des côtes de l’Union européenne.
J’ai lancé cette idée en écrivant, le 1er juin dernier, à François Hollande, Président de la République, et en lui proposant de construire un grand voilier-école du type « Duchesse-Anne », ou « Statsraad Lehmkuhl », pour chaque Région maritime.
Un projet extrêmement ambitieux qui n’a d’équivalent nulle par ailleurs sur la planète.
Tout d’abord, c’est Michel Delebarre, sénateur-maire de Dunkerque, qui m’a signifié son intérêt pour mes propositions en les transmettant à Frédéric CUVILLIER, Ministre délégué aux Transports, à la Mer et à la Pêche.
Celui-ci pourrait, d’ailleurs, être directement intéressé par ce projet en tant qu’ancien maire de Boulogne-sur-Mer, un port qui connait et a connu la crise de la pêche, la crise industrielle, l’arrêt du trafic transmanche et la fermeture de Comilog - le tout entraînant une crise sociale avec 13% de chômage.
Les ports de Boulogne-sur-Mer et de Dunkerque pourraient trouver une nouvelle vigueur, une nouvelle jeunesse, un nouvel avenir, en servant de base à une flotte de grands voiliers-écoles qui embarqueraient des jeunes Français, et des jeunes Européens, à destination des ports de l’Europe du Nord.
La Région Haute-Normandie
La deuxième Région qui s’intéresse au projet d’un « Erasmus Maritime » est celle de Haute-Normandie.
Le président du Conseil Régional de Haute-Normandie, Alain Le VERN, m’a en effet indiqué qu’il a transmis à Frédéric CUVILLIER le courrier adressé au Président de la République.
Si deux Régions du Nord de la France sont intéressées par ce projet, c’est aussi le cas d’une Région du Sud, celle du Languedoc-Roussillon.
Le Conseil Général de l’Aude
Je viens en effet de recevoir un courrier d’André VIOLA, président du Conseil Général de l’Aude, qui, après avoir reçu une copie de la lettre adressée à François Hollande, m’indique qu’il tenait à me remercier « très sincèrement de ma démarche » et me témoigne de l’attention portée à mes réflexions.
Un courrier chaleureux qui me permet d’envisager de commencer à démarcher la Région Languedoc-Roussillon pour construire un grand voilier école qui sera l’ambassadeur de la Septimanie !...
Aussi, il devient possible d’envisager, si le projet se développe, la construction de trois grands voiliers-écoles pour chacune des Régions intéressées : Nord-Pas-de-Calais, Haute-Normandie et Languedoc-Roussillon.
De quoi apporter une charge de travail intéressante, sur une période de deux à trois ans, pour l’un de nos chantiers navals (ex : STX de Lorient).
Le Conseil Général de l’Aude, dont le siège est à Carcassonne, pourrait être intéressé pour son action éducative et sociale, pour la formation des lycéens et des étudiants, pour le développement des relations avec les Régions du Bassin méditerranéen, qu’elles soient européennes, du Maghreb, du Proche-Orient, ou encore de la Turquie et des pays riverains de la Mer Noire.
Un ensemble de destinations qui permettraient de développer de nouveaux échanges culturels et économiques avec des Régions qui ont peu de contacts directs avec le département de l’Aude.
La ville de Carcassonne est jumelée, depuis 1973, avec la ville d’Eggenfelden, en Bavière, et, plus récemment, avec Baeza, en Espagne, ce qui permet d’envisager des navigations avec des élèves de ces deux villes.
La mise à disposition d’un grand voilier-école permettrait de multiplier les jumelages avec des villes du pourtour de la Méditerranée, mais aussi d’Europe, d’Amérique, d’Asie…
En fait, un grand voilier-école, par la multitude des escales disponibles, apporte à un Conseil général une dimension planétaire !...
Soulignons que le département de l’Aude est doté d’un port capable de recevoir des grands voiliers-écoles. C’est Port-la-Nouvelle, qui peut accueillir des navires de 150 mètres de long et de 8 mètres de tirant d’eau.
Port-la-Nouvelle est le troisième port français de la côte méditerranéenne, le deuxième port pour l’importation des produits pétroliers (neuvième de France) et le premier port méditerranéen pour l’exportation des céréales.
Bien sûr, un grand voilier-école de 82 mètres de longueur au pont, capable d’embarquer une centaine de jeunes, d’une valeur de 45 millions d’euros, et dont les charges d’armement annuel sont d’environ 7 millions d’euros, n’est pas dans les moyens du Conseil Général de l’Aude !...
Une très belle région française, que je connais bien, puisque j’ai fait une partie de ma formation de pilote de ligne, en 1973, sur MS 733, au SEFA à l’aéroport de Montpellier-Fréjorgues.
Cela a été une occasion de découvrir la France vue du ciel, ce qui ne vaut pas, bien sûr, la découverte des villages, des villes et des richesses culturelles accumulées en deux millénaires d’histoire, mais qui m’a permis, malgré tout, de « survoler » un pays doté d’une histoire unique.
Aussi, j’espère que j’aurais l’occasion, en démarchant les Conseils Généraux de la Région Languedoc-Roussillon, d’apprécier de nouveau la beauté des paysages, la vie économique, culturelle et touristique, ainsi que la richesse humaine de ses habitants.
Un groupement d’intérêt public
L’armement d’un grand voilier-école n’a rien de particulièrement difficile mais la structure juridique choisie doit permettre de rassembler des collectivités territoriales, des ministères et des investisseurs privés.
La structure la plus adaptée me semble être celle du Groupement d’Intérêt public (G.I.P.) ; c’est tout du moins celle qui a été retenue par le laboratoire d’idées, « Les Clippers de Normandie », que j’ai créé en 1993, et qui avait pour objet :
1/ De participer, à partir de stages embarqués sur des grands voiliers assurant une pratique de la voile et la découverte de la mer, à l’éducation, la formation et la réinsertion d’adolescents et d’adultes.
2/ De rechercher au préalable des partenaires publics ou privés pour le financement et l’exploitation de ses bateaux à voile.
C’est, d’ailleurs, cette structure qui été retenue pour armer, et sauver, le « Marité », le dernier Terre-neuvier français.
Le Groupement d’intérêt public est une structure capable de rassembler un investisseur privé, pour le financement et la construction des navires, une Région, comme celle de Languedoc-Roussillon, ainsi que les Départements qui la composent.
Gageons que la Région Languedoc-Roussillon, à l’initiative du Conseil Général de l’Aude, saura retenir ce projet et se lancer dans une aventure maritime qui permettra de rassembler un peu plus, par-delà les mers, les jeunes du Bassin méditerranéen, et d’ailleurs…
La
Région Haute-Normandiesera peut-être la première Région européenne à développer un « Erasmus Maritime » !...
En effet, j’ai envoyé une copie de la lettre ouverte à François Hollande à chacun des présidents des Régions et des Conseils Généraux du littoral métropolitain, ainsi qu’à ceux de l’Outre-Mer, et je viens de recevoir la première réponse.
C’est un courrier de Alain Le Vern, président du Conseil Régional de la Haute-Normandie, qui m’informe qu’il « a souhaité attirer l'attention de Frédéric CUVILLlER, Ministre délégué aux Transports, à la Mer et à la Pêche, en lui transmettant votre courrier. » !...
Encourageant !...
Les Régions agissent principalement dans l'éducation (gestion des lycées), l'enseignement supérieur et la recherche, la formation professionnelle et l'apprentissage, le développement économique, l'aménagement du territoire et les infrastructures, et sont directement concernées par la proposition de créer un « Erasmus Maritime » que j’ai soumis au Président de la République.
Je rappelle que le concept « d’Erasmus Maritime » consiste à embarquer des jeunes, des lycéens, des étudiants, de plusieurs nationalités, qui navigueront, en équipage, à bord de grands voiliers-écoles, le long des côtes de l’Union européenne.
Un projet qui serait particulièrement bienvenu pour relancer l’idée européenne au moment où la crise économique « jette sur le pavé » des millions de travailleurs et « laisse sur le carreau » une multitude de jeunes dans les principaux pays européens.
Quel avenir nous préparons-nous ?...
Il faut trouver d’autres solutions et, parmi celles-ci, je propose la création d’un « Erasmus Maritime ».
Si le développement d’un « Erasmus Maritime » sera tout d’abord un soutien à la construction navale, ce projet permettra ensuite de:
● développer l’activité portuaire ;
● développer une activité de substitution aux secteurs condamnés à plus ou moins long terme (ex : ligne Dieppe-Newhaven) ;
● d’apporter une dimension internationale, et maritime, à la formation des lycéens et des étudiants ;
● donner à ceux qui sont défavorisés, ou marginalisés, une opportunité de sortir de leur milieu en découvrant la planète, tout en acquérant des bases pour vivre en communauté ;
● développer les relations entre les régions maritimes européennes en organisant des navigations de type « classes de mer » ;
● développer les échanges économiques entre les régions maritimes européennes ;
● mettre à disposition d’une Région un superbe « ambassadeur », en l’occurrence un grand voilier-école, qui symbolisera le dynamisme des collectivités territoriales associées, leur ouverture sur le monde et la volonté de développer une formation riche et internationale pour les jeunes ;
● développer des liens forts entre les Régions périphériques maritimes qui regroupent 160 régions de 28 pays de l’Union européenne, et 200 millions d’habitants ;
● développer de nouvelles activités pour les Antilles, la Guyane, la Réunion, la Polynésie et la Nouvelle-Calédonie, par une exploitation locales de grands voiliers-écoles, mais aussi par l’activité économique engendrée par les escales de grands voiliers-écoles en navigation transatlantique ou en tour du monde.
Tall Ships Race 2011
Pour toutes ces raisons, le projet d’un « Erasmus Maritime » est adapté à la Région Haute-Normandie qui présente, de plus, des opportunités particulières pour les ports du Havre, de Rouen et de Dieppe.
Un ensemble de destinations de rêve adaptées à un grand voilier-école qui naviguerait le long des côtes européennes, en transatlantique et même en tour du monde.
Sur les hauteurs du Havre, se trouve l’École nationale supérieure maritime (ENSM), établissement d’enseignement supérieur constitué sous la forme d’un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP).
Habilitée depuis 2011 à délivrer un titre d’ingénieur, l’établissement est placé sous la tutelle du ministre chargé de la mer et forme les officiers de la marine marchande.
Le centre de l’ENSM du Havre forme les officiers de 1ère classe - dits de la filière 1 qui conduit au brevet de capitaine de 1ère classe de la navigation maritime.
L’école assure aussi la formation complémentaire des officiers de la filière 2 (officiers de 2ème classe), et accueille, depuis septembre 2011, les élèves de la filière ingénieur, une passerelle de la filière professionnelle vers la filière ingénieur et une classe préparatoire au concours.
Un grand voilier-école serait parfaitement adapté au voyage de fin d’étude des élèves de l’ENSM.
En effet, au niveau européen, il me semble souhaitable de comparer l’ENSM avec les autres écoles maritimes européennes et surtout à celle du Danemark qui forme ses officiers au SIMAC (Svendborg International Maritime Academy).
Cette formation se fait en partenariat avec l’autorité maritime danoise avec cette particularité : les études des élèves-officiers danois se terminent par un embarquement sur le Danmark, un trois mâts barque de 60 mètres de longueur au pont !...
C’est, vraisemblablement, l’une des principales raisons qui font que le Danemark soit le seul pays européen qui n’a pas de pénurie de navigants et possède la première compagnie de porte-containers de la planète, la compagnie Maersk.
Aussi, il me semble, à l’image du Danemark, que la France doit se doter d’un puissant moyen de formation de nos marins, qu’ils soient élèves de l’ENSM ou des lycées maritimes professionnels, et qu’un grand voilier-école est ce qu’il y a de plus adapté, de plus économique, et de plus attractif.
Précisons que, pas bien loin de l’ENSM du Havre, à Fécamp, se trouve le Lycée maritime Anita Conti dont les élèves pourraient, eux aussi, bénéficier d’embarquements sur un grand voilier-école, au même titre que les élèves de l’ENSM.
ROUEN
La ville de Rouen est jumelée avec Norwich (Royaume-Uni), Hanovre (Allemagne), tandis qu’un partenariat universitaire se développe avec Ningbo en Chine.
La ville de Ningbo, près de Shanghaï, est quasiment inconnue en France, mais compte 7 millions d’habitants !... Ce qui donne une idée des possibilités de développement de navigations avec des étudiants français et chinois !...
Car pourquoi ne pas envisager la possibilité de circumnavigations entre Rouen et Ningbo, avec changement d’équipage à l’arrivée en Chine ?...
C’est quatre à cinq mois d’école de voile, à bord d’un grand voilier, avec, en plus, la découverte de nombreuses escales : Athènes, Le Caire, Djeddah, Abu-Dhabi, Karachi, Bombay, Madras, Bangkok…
Une formation d’élite qui apportera beaucoup aux étudiants-stagiaires mais sera aussi bénéficiaire pour les moins doués qui seront embarqués en tant que matelots !...
Car le projet d’un « Erasmus Maritime » s’adresse à l’élite, mais aussi à ceux qui n’ont pas la chance de faire des études supérieures…
DIEPPE
Pour la ville de Dieppe, ce sera surtout la possibilité d’une nouvelle activité maritime en substitution de la ligne transmanche Dieppe-Newhaven qui risque de rester déficitaire pendant encore longtemps…
Si l’idée d’un « Erasmus Maritime » est extrêmement séduisante il n’en demeure pas moins qu’il faut trouver la structure juridique la plus adéquate pour armer les navires et rassembler les collectivités territoriales directement concernés par le projet.
Pour cela j’ai créé, le 23 octobre 1993, le laboratoire d’idées « Les Clippers de Normandie » qui avait pour objet :
1/ De participer, à partir de stages embarqués sur des grands voiliers assurant une pratique de la voile et la découverte de la mer, à l’éducation, la formation et la réinsertion d’adolescents et d’adultes.
2/ De rechercher au préalable des partenaires publics ou privés pour le financement et l’exploitation de ses bateaux à voile.
La conclusion des études menées par l’association a été que la structure la plus adaptée est celle du Groupement d’Intérêt public (G.I.P.) qui permet de rassembler des collectivités territoriales, des ministères, et des investisseurs privés.
C’est d’ailleurs la structure qui a permis de sauver le « Marité », le dernier Terre-neuvier français.
Vous trouverez un excellent article sur le « Marité » dans le « Chasse Marée » du mois de septembre 2012.
Le « Marité » navigue de nouveau, mais l’addition a été particulièrement « salée » car il a fallu refaire la coque à 90% !...
Le navire, construit à Fécamp en 1922, est en effet en bois et a été récupéré en Suède presque à l’état d’épave. A tel point que les membres fondateurs du « GIP Marité », la ville de Rouen et le Conseil régional de Haute-Normandie, ont dû « jeter l’éponge » en raison des coûts croissants de restauration.
C’est finalement le Conseil général de la Manche qui a repris le flambeau et investi dans une restauration unique en Europe.
Mais, à cette occasion, la structure de GIP a permis de montrer sa souplesse et son efficacité dans la rénovation et l’exploitation d’un voilier qui est un véritable « monument historique » et permet de rappeler la dure condition qu’a été celle des marins-pêcheurs à Terre-Neuve depuis le XVIème siècle.
Aussi, en raison des avantages du GIP qui permet de développer des projets d’intérêt général, je propose de construire des voiliers neufs, en acier, sur un de nos chantiers navals (ex : STX Lorient), et de créer pour l’armement des navires, un GIP qui rassemblera les collectivités territoriales, les ministères concernés et un investisseur privé.
Car il ne faut pas oublier que si le GIP désire faire construire un navire sur un chantier naval, et en être le propriétaire, il doit lancer, conformément à la réglementation européenne pour les marchés publics, un appel d’offre européen, au risque que ce soit un chantier naval étranger qui remporte le contrat !...
Ce qui supprimerait immédiatement l’un des principaux objectifs d’un « Erasmus Maritime », à savoir le soutien à la construction navale !...
Aussi, très vraisemblablement, un partenariat avec un investisseur privé me semble être incontournable pour la réalisation de ce projet.
Le Chef de cabinet du Président de la République m’a fait part de l’attention de François Hollande pour mes réflexions concernant la construction de grands voiliers-écoles destinés à créer un « Erasmus Maritime » pour les jeunes Européens.
Ces propositions ont aussi retenu l’attention de Michel Delebarre, sénateur-maire de Dunkerque, et de Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche.
Le projet est extrêmement ambitieux et n’a rien d’équivalent sur la planète.
Si le financement de voiliers-écoles peut être assuré par l’appel à l’épargne populaire, ou encore par un investissement de la Caisse de Dépôt et Consignation, il n’en demeure pas moins que la principale difficulté financière sera celle des charges d’armement car un grand voiliers-école coûte annuellement, tout compris, environ 15% du prix neuf.
Ainsi, un voilier du type « Statsraad Lehmkuhl » qui embarque 100 cadets pendant 50 semaines (5.000 semaines/mer) va coûter chaque année au GIP qui l’exploitera environ 15% de 45 millions d’euros, soit 6,75 millions d’euros.
Le coût de l’embarquement pour un stagiaire est ainsi d’environ 1350 euros par semaine (112 euros par jour et par personne).
Dans ce prix sont inclus l’amortissement du navire, les charges carburant et d’entretien, les salaires de l’équipage, les assurances, les vêtements de mer, etc…
Statsraad Lehmkuhl : Départ de Bergen
Ceci est une approximation, et seule une étude complète incluant les aides diverses, y compris celle d’avoir des matelots « volontaires aux armées » détachés par la Marine Nationale, pourra permettre d’avoir une idée des coûts définitifs.
N’oublions pas qu’un GIP pourrait aussi bénéficier des subventions européennes si les objectifs des navigations sont conformes aux programmes européens, comme le nouveau programme « Vasco da Gama » qui sera opérationnel en 2014.
Il reste, bien sûr, la principale interrogation : « Les étudiants, les lycéens, sont-ils intéressés par une navigation qui les emmènera pour plusieurs semaines, avec d’autres étudiants européens, vers Glasgow, Stockholm, Saint-Pétersbourg, Oslo, Hambourg, Vigo, Lisbonne, Séville, ou tout autre grand port européen ?... ».
Et bien, pour le savoir, il faut leur demander !... Et là, c’est l’inconnu car il n’y a jamais eu de sondage pour un tel projet !...
Car ce projet d’un « Erasmus Maritime n’aura de valeur que s’il retient l’intérêt des élèves de nos écoles maritimes civiles et militaires, mais aussi, plus globalement, des élèves de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur.
En admettant que ce projet soit retenu par les ministères concernés, ou encore par d’autres ministères comme le ministère de l’Intérieur (formation des policiers), ou le ministère de la Justice (pour les jeunes pris en charge par la Protection Judicaire de la Jeunesse), il faut savoir si la charge financière d’un tel navire rentrerait dans le cadre financier d’un Département, d’une Région, d’un ou plusieurs ministères, regroupés au sein d’un GIP …
Et, si c’est le cas, il faut savoir si l’idée est soutenue par les citoyens, c'est-à-dire par le contribuable !... Pour l’instant nous n’en savons rien…
En admettant que les jeunes, et leurs parents, trouvent l’idée « géniale » peut-on faire un rapprochement avec des dépenses équivalentes déjà faites par un Conseil Général ?...
Car la principale objection sera : « Cela coûte trop cher !... »
Et bien l’armement d’un grand voilier-école coûterait bien moins cher que certaines activités qui n’ont pas à être subventionnées par une collectivité territoriale !...
Et, à titre d’exemple, je retiens la ligne de ferry Dieppe-Newhaven qui est subventionnée, annuellement, à hauteur de 14,5 millions d’euros par le Conseil Général de la Seine Maritime !...
Une véritable hérésie comptable puisqu’une collectivité publique n’a pas à gérer ou subventionner une raffinerie, une usine de construction automobile, une ligne de transport maritime ou encore une ligne aérienne !...
Une anomalie financière qui a été soulignée par la Chambre des Comptes de Haute-Normandie dans son rapport « La gestion par une collectivité publique de la ligne de transport maritime « Dieppe-Newhaven » (PDF).
La lecture de ce rapport est atterrante : les procédures juridiques normales n’ont pas été respectées, le montage a coûté une fortune en conseils divers et variés, et il ne semble pas y avoir d’issue à la faillite annoncé de la ligne à moins d’avoir des subventions publiques "Ad vitam Aeternam"…
Pour ce prix, le Conseil Général de la Seine-Maritime pourrait armer, à lui seul, deux grands voiliers-écoles, et bien plus dans le cadre d’un Groupement d’Intérêt Public !...
Et si l’on pensait différemment ?...
Et si l’on osait une franche rupture ?...
Et si on lançait un programme de grands voiliers-écoles dont plusieurs seraient basés à Dieppe ?...
Car Dieppe, c’est le port le plus proche de Paris, ce qui veut dire des frais de transports réduits pour les cadets originaires de la région parisienne qui aurait ainsi un accès pratique pour les navigations vers les ports d’Europe du Nord.
Avec, pour conséquence, un attrait touristique immédiat pour le port de Dieppe !...
Ce type de réflexion pourrait d’ailleurs être étendu à d’autres ports en difficulté, comme Boulogne-sur-Mer ou Dunkerque…
Tout cela pour conclure que l’armement de grands voiliers-écoles par des GIP qui regrouperaient des collectivités territoriales et des ministères est dans les moyens de la France et serait, de plus, tout à fait conforme aux missions des collectivités publiques.
Et pourtant, cet été, je me suis transformé en « marin d’eau douce » puisque j’ai descendu le Danube de Vienne à Budapest, en passant par Bratislava, après avoir retrouvé un couple d’amis qui sont partis en juin de Fécamp, avec leur voilier, pour rejoindre Istanbul, via les fleuves et les canaux d’Europe Centrale !...
Et bien oui, j’ai déjà envie de repartir car l’actualité ne m’amuse pas !...
Car entre la crise de l’euro, la guerre civile en Syrie, les risques de guerre entre l’Israël et l’Iran, j’ai vraiment envie de fuir un monde de cinglés !...
Et il n’y a rien de mieux que la haute mer pour « s’évader » et retrouver d’authentiques valeurs, celles de la nature, du vent, de la mer, avec la seule exigence d’être membre d’équipage, même si l’on est un peu flémard, ou fatigué par l’âge...
Aussi, je mets en ligne une vidéo prise à bord du « Statsraad Lehmkuhl » qui donne une idée de la vie à bord.
Et qui devrait vous donner, à vous aussi, l’envie de partir.
Ce voilier-école navigue depuis 1914 au départ de Bergen, en Norvège, et est armé par une fondation.
C’est le navire que j’ai retenu pour le recommander à François Hollande, notre nouveau président de la République, et lui proposer de créer un « Erasmus Maritime » pour les jeunes Européens.
Le coût à la construction d’un tel voilier est d’environ 45 millions d’euros.
La structure d’armement peut être celle d’une fondation ou d’un Groupement d’intérêt public (G.I.P.).
Les charges d’exploitation sont dans les capacités d’une Région, d’un Conseil Général, d’un Ministère, et de tous ensembles s’ils se réunissent au sein d’un GIP.
A titre d’exemple, le Conseil Général de la Seine-Maritime subventionne annuellement, à hauteur de 15 millions d’euros, la ligne de ferry Dieppe-Newhaven.
Des subventions qui devraient aller à l’action sociale et en aucun cas à une activité qui relève de l’entreprise, du concurrentiel.
Car avec une telle subvention, il y a de quoi armer deux grands voiliers-écoles comme le « Lehmkuhl » !...
Par courrier en date du 1er juin 2012, j’ai proposé au Président de la République, François Hollande, de créer un « Erasmus maritime » destiné à faire découvrir la mer, et les côtes européennes, aux jeunes Européens, par la navigation, en équipage, à bord de grands voiliers-écoles.
La Présidence de la République m’a répondu dans un courrier en date du 18 juillet 2012.
Pour son intérêt pour la construction navale, le projet a aussi été retenu par Michel Delebarre, député-maire de Dunkerque, ancien ministre d’Etat, qui l'a transmit à Frédéric Cuvillier, ministre délégué chargé des Transports et de l’Économie maritime.
La proposition consiste en effet à construire des voiliers proches du « Duchesse-Anne », ou de son sister-ship le « Statsraad Lehmkuhl », des voiliers de plus de 80 mètres de longueur au pont !...
Le projet est extrêmement important et ne peut être décidé que par François Hollande compte-tenu de l’importance des investissements, de la nécessité de créer de créer des structures adéquates pour l’armement des navires (ex : Groupement d’intérêt public), d’engager des ministères et des régions dans une action à long terme, mais aussi de convaincre les autres pays européens de se lancer dans l’aventure !...
Le projet est d’emblée de dimension européenne et serait particulièrement bienvenu, en particulier pour les jeunes Européens, au moment où l’Europe traversent une grave crise financière et économique.
La principale particularité d’un « Erasmus maritime » réside dans le fait qu’il s’adresse à l’ensemble des jeunes, et non pas exclusivement aux étudiants comme le fait le programme « Erasmus » actuel.
Car, à bord d’un voilier-école, il y a un rôle à jouer pour chacun, tout en suivant des cours à bord et en découvrant l’Europe lors des escales.
Le programme est bien sûr adapté aux étudiants des grandes écoles, à ceux des universités et des Instituts universitaires de technologie.
J’ai envoyé à Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, une copie du courrier adressé à François Hollande, et j’ai obtenu, par courrier du 3 août 2012, une réponse de son chef de cabinet.
« Monsieur,
Vous avez bien voulu faire parvenir à Madame Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, la copie d’une lettre que vous avez adressée à Monsieur le Président de la république.
La ministre m’a confié le soin de vous remercier de lui avoir transmis cette contribution dont elle a pris connaissance avec attention.
Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’assurance de ma meilleure considération.
Rémy Gicquel ».
Le courrier de Geneviève Fioraso souligne que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche est intéressé, mais il y a encore de nombreuses inconnues.
La principale des inconnues est d’ailleurs l’attractivité de la navigation à bord de grands voiliers pour les étudiants !...
En effet, sont-ils prêts à embarquer sur un grand voilier, par exemple pour un voyage de fin d’étude pour une navigation vers Hambourg, Glasgow, Stockholm, Saint-Pétersbourg, Séville, Athènes ou Alexandrie, ou ailleurs ?...
Nous n’en savons absolument rien.
Aucun sondage n’a jamais été réalisé pour savoir si des étudiants pourraient être intéressés par des « classes de mer » qui leur permettraient de leur faire découvrir l’Europe dans le cadre de leurs études !...
Quel serait le pourcentage d’étudiants prêts à embarquer ?...
De la même façon, nous n’avons aucune idée de la façon dont pourrait être reçue cette proposition par le corps enseignant.
Il y a bien sûr, comme partout, des fanatiques de voile, mais est-ce suffisant pour lancer un programme européen ?...
Autre inconnue.
Nous sommes pour l’instant dans la phase de « défrichage » du projet d’un « Erasmus maritime », mais sa réalisation sera, de toute façon, bien plus complexe que celle du programme « Erasmus » actuel.
En effet, il ne s’agit pas uniquement d’échange d’étudiants mais aussi de découverte de la mer dans le cadre d’une formation humaine, d’opportunités pour la construction navale, de création de structures juridiques (GIP), de développement des échanges entre les régions maritimes, de développement de l’activité portuaire, de subventions européennes (Vasco da Gama), etc…
Un ensemble de caractéristiques qui demanderont vraisemblablement la création d’un « Comité interministériel Erasmus maritime » pour la réalisation du projet.
Le projet Euroclippers consiste à développer un « Erasmus maritime » pour les jeunes Européens.
L’objectif est de construire des grands voiliers-écoles qui embarqueront des étudiants et des lycéens pour des navigations, en équipage, le long des côtes européennes, afin de leur faire découvrir l’Europe.
Car l’Europe, c’est aussi 60.000 km de côtes, une multitude de ports, une richesse culturelle basée sur la mer, et qui a peu d’équivalent sur la planète.
De quoi imaginer de nombreuses possibilités de navigations entre les régions maritimes européennes !...
Les grands voiliers-écoles retenus doivent avoir une capacité océanique et permettent des navigations en sécurité, par tous temps, y compris en hiver.
Un exemple à suivre est le « Statsraad Lehmkuhl », voilier-école norvégien, construit en 1914, et qui navigue depuis cette date.
Le voici rentrant à Bergen (Norvège) en décembre 2009 :
Le « Statsraad Lehmkuhl » est un sister-ship du« Duchesse Anne», ancien voilier-école allemand, actuellement utilisé en bateau musée à Dunkerque.
Compte tenu des efforts des élus de la ville de Dunkerque, et de ses contribuables, pour cette réalisation, j’ai envoyé à Michel Delebarre, député-maire de Dunkerque, une copie de la lettre adressée, le 1er juin 2012, au Président de la République.
Michel Delebarre, ancien Ministre d’Etat, m’a répondu, dans un courrier en date du 2 août 2012, et je me permets de mettre en ligne sa réponse :
« Monsieur,
Dans un récent courrier, vous avez bien voulu attirer mon attention sur la situation de la construction navale, et je vous en remercie.
Vous exprimez vos inquiétudes sur l’avenir de la filière maritime. Vous rejoignez en cela certaines des préoccupations que j’avais soulignées dans un rapport sur l’avenir de la filière maritime (rapport d’information n° 3636 enregistré le 8 juillet 2011 à la présidence de l’Assemblée nationale).
Vous proposez aujourd’hui d’initier un vaste programme de construction de voiliers-écoles.
Sensible à votre demande, je tenais à vous informer que j’ai transmis votre lettre à Monsieur Frédéric CUVILLIER, ministre délégué chargé des Transports et de l’Economie maritime.
Je vous prie de croire, Monsieur, en l’expression de mes sentiments les meilleurs.
Michel DELEBARRE
Ancien Ministre d’Etat »
Michel Delebarre a parfaitement saisi les enjeux d’un « Erasmus maritime » tel que je le propose.
Il s’agit d’un « vaste programme » avec d’importantes possibilités pour la construction navale française car un navire comme le « Duchesse-Anne » vaut environ 45 millions d’euros pour une construction neuve.
Le projet est aussi adapté aux autres pays maritimes de l’Union européenne qui verraient favorablement la création d’une nouvelle spécialisation dans la construction navale.
Un projet majeur pour l’Europe et les jeunes Européens et qui serait particulièrement bienvenu au moment où de très fortes tensions financières et économiques secouent l’unité européenne et mettent en péril l’idéal européen.
Le projet d’un « Erasmus maritime » avec des grands voiliers-écoles est d’une telle ampleur qu’il ne peut être lancé que par le Président de la République, François Hollande.
Il concerne en effet de nombreux ministères, mais aussi les autres pays de l’Union européenne.
Nous sommes actuellement à la phase de diffusion de l’idée dans les ministères concernés et il faudra deux à trois mois pour savoir si le gouvernement se lance dans l’aventure.
Le Président de la République, François Hollande, a répondu à la lettre que je lui ai envoyée le 1er juin 2012 !...
Dans ce courrier, je lui ai proposé de créer un « Erasmus maritime » qui permettra aux étudiants et aux lycéens européens de découvrir les côtes de l’Union européenne à bord de grands voiliers-écoles comme le « Duchesse-Anne ».
C’est un projet extrêmement ambitieux qui serait bienvenu pour la construction navale (STX Lorient), la formation humaine, l’activité portuaire et pour le développement des relations entre les régions maritimes de l’Europe.
C’est loin d’être joué, car il faut convaincre les régions et les ministères concernés de se lancer dans l’aventure, et cela sur le long terme. Une véritable aventure en cette période de « vaches maigres » budgétaires !...
Toujours est-il que le chef de cabinet de François Hollande m’écrit dans un courrier en date du 18 juillet 2012 :
« Cher Monsieur,
Le Président de la République a bien reçu le courrier que vous lui avez fait parvenir.
Comme vous le savez, Monsieur François Hollande est très attaché à l’esprit de dialogue et de rassemblement et souhaite associer chaque citoyen à l’action commune afin de relever les défis qui nous attendent.
Aussi m’a-t-il confié le soin de vous remercier très sincèrement de votre démarche et de vous assurer de toute l’attention portée à vos réflexions.
Je vous pris d’agréer, Cher monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.
Pierre Besnard »
J’ai envoyé ce courrier au Président de la République un peu comme on jette une bouteille à la mer… En espérant qu’il arrivera à sa destination, qu’il sera lu, et que son destinataire fera tout son possible pour réaliser ce projet.
Il est vrai que je l’ai commencé en novembre 1993 en créant l’association « Les Clippers de Normandie, avec un ensemble de personnalités du monde maritime, et que j’ai été plus que déçu, jusqu’à maintenant, par les dirigeants politiques à qui je l’ai présenté…
Ensuite, ce projet est passé à la dimension européenne au fil du temps…
Mais on doit toujours rêver et espérer que son rêve sera partagé s’il est d’intérêt général et rassemble les êtres humains !...
Les hommes sont bien allés sur la Lune, notre pays est une grande puissance aéronautique et spatiale mais nous sommes de véritables « nains » dans le domaine des grands voiliers !...
En fait, aucun décideur politique n’a jamais lancé, ou retenu, une telle idée.
Ce qui est curieux, c’est que pas un seul homme (ou femme) politique n’a réalisé ce qu’un tel projet pouvait apporter en nombre de voix lors des élections !...
Il faut aller en Europe du Nord pour trouver de telles réalisations comme le « Statsraad Lehmkuhl », sister-ship du « Duchesse-Anne ».
Le « Statsraad Lehmkuhl » de Haugesund (N) à Southampton
Pourtant, lorsque l’on voit les 10 millions de Français, et de Françaises, qui se déplacent pour « l’Armada de Rouen », ou qui se rendent au rassemblement de Brest, et bien il y en a un bon pourcentage dont le vote pourrait faire balancer le scrutin lors d’une élection !...
Et lorsque l’on découvre l’effondrement de "l’idéal européen" chez les citoyens - et pas qu’en France – il faut se dire qu’il est urgent de trouver de nouveaux projets, notamment pour les jeunes !...
François Hollande saisira-t-il cette occasion et mettra-t-il tout son poids dans cette aventure?...
Copie : Monsieur Jean-Marc Ayrault, Premier ministre
Objet : Chantier naval STX Europe
Monsieur le Président,
Le suffrage universel vous a permis de devenir le Premier des élus, et je me permets de vous en féliciter.
Vous allez être confronté à une crise économique et financière historique qui demande d’étudier toutes les solutions possibles afin de redresser des situations souvent dramatiques pour les citoyens.
C’est pour cette raison que je vous adresse ce courrier qui contient quelques idées dans le domaine de la construction navale, de l’action sociale et du développement de la coopération européenne.
Le manque de commandes pour le chantier naval de Saint-Nazaire, et celui de Lorient, commence à être inquiétant. Le groupe STX Europe a en effet un carnet de commandes particulièrement faible et le chômage partiel se développe inéluctablement sur ces deux chantiers navals.
J’ai déjà proposé à Nicolas Sarkozy, alors qu’il était président du Conseil de l’Union européenne, de lancer un projet de construction de grands voiliers-écoles pour les jeunes Européens.
A cette occasion, j’avais établi une comparaison entre les besoins financiers des banques et la construction de grands voiliers-écoles. Ceci est développé dans la note « Crise financière : combien de « Statsraad Lehmkuhl » ?... » disponible sur le web.
Il n’y a pas eu de suite à cette proposition malgré le fait que j’ai présenté ce projet de voiliers-écoles, en avril 2009, au contre-amiral Pierre Soudan, directeur de l’Ecole Navale.
Je reprends, maintenant, cette idée, et je vous propose de lancer un projet de grands voiliers-écoles destinés à la formation humaine des lycéens et des étudiants et qui serait, de plus, parfaitement adapté au développement des échanges entre les régions maritimes européennes.
Les grandes lignes de ce projet sont :
Construction de grands voiliers-écoles du type « Duchesse-Anne ».
Nous avons, en France, un modèle qu’il serait bon de reproduire, car il a fait ses preuves durant de longues années, et c’est le « Duchesse-Anne », ancien voilier-école allemand, bien connu des "gens du Nord" puisqu’il est exposé en bateau-musée dans le port de Dunkerque.
Soulignons que ce navire fait partie d’une série de quatre voiliers-écoles de la marine marchande allemande. Le plus connu d’entre eux est le « Statsraad Lehmkuhl », voilier-école norvégien construit en 1914, et qui navigue toujours, avec des cadets, au départ de Bergen.
Les plans d’un nouveau « Duchesse-Anne », ou d’un nouveau « Statsraad Lehmkuhl », qui navigue depuis près d’un siècle, pourraient être réalisés par le bureau d’étude du chantier STX Europe de Saint-Nazaire, qui développerait, à cette occasion, un nouveau savoir-faire.
Le financement des études pourraient être assuré par le « Grand Emprunt 2010 » (dont je n’ai toujours pas compris le montage financier), au titre de l’innovation technologique.
Un grand voilier-école pour chaque région maritime.
Le développement de l’autonomie des régions est une priorité et un grand voilier-école constituerait pour chaque région un superbe ambassadeur capable de fédérer de nombreuses personnes et de nombreux organismes tant régionaux qu’européens. Si l’on compte les Antilles, la Guyane, la Réunion, Nouméa et la Polynésie, cela ferait plus d’une douzaine de navires à construire.
Le coût à la construction d’un voilier-école de ce type est d’environ 45 millions d’euros et une construction en série serait particulièrement bienvenue pour les chantiers de Lorient ou de Saint-Nazaire.
Le financement de la construction pourrait être fait par un appel à l’épargne des citoyens.
Les navires pourraient être ensuite mis à la disposition de Groupements d’intérêt public. La structure de GIP est en effet parfaitement adaptée pour l’armement de voiliers-écoles. A titre d’exemple, c’est la structure qui a été retenue pour armer le trois mâts terre-neuvier « Marité ».
Création d’un « Erasmus Maritime ».
A la suite d’une proposition de Frank Biancheri, le Président François Mitterrand a lancé le programme européen « Erasmus ». Ce programme est une superbe réussite, mais il est réservé uniquement aux étudiants ; tous ceux qui ne font pas d’études en sont exclus…
Ceci entraine un manque de connaissance de l’Europe pour les "moins doués".
Pourquoi ne pas lancer un « Erasmus maritime » réservé à tous, et en particulier à ceux qui sont marginalisés ?...
L’idée est simple : Des jeunes, des lycéens, des étudiants, de plusieurs nationalités, parcourraient naviguer, en équipage, à bord de grands voiliers-écoles, le long des côtes de l’Union européenne afin de découvrir l’Europe.
Très vraisemblablement, ces navigations pourraient bénéficier des fonds du nouveau programme européen « Vasco da Gama », prévu pour la période 2014-2020.
Faut-il rappeler les courses de grands voiliers organisées par « Sail Training International », et les rassemblements de Rouen et de Brest, pour se convaincre de l’attirance du public pour ce type d’activité ?...
Aussi, de la même façon que Franck Biancheri a proposé à François Mitterrand de créer le programme « Erasmus », je me permets de vous suggérer de lancer un « Erasmus Maritime » destiné à l’ensemble des jeunes Européens.
Cette idée est déjà développée sur plusieurs de mes blogs, et, si elle est extrêmement ambitieuse, son application serait parfaitement adaptée aux décisions que vous prendrez pendant votre mandat.
En espérant que ce courrier retiendra votre attention, je vous prie de bien vouloir croire, Monsieur le Président de la République, en l’expression de ma plus haute considération.
L'histoire des clippers français, ces splendides trois-mâts au long cours, construits en bois entre 1845 et 1875, à l'apogée de la voile, concerne de nombreux ports. Cet ouvrage décrit minutieusement la construction, l'armement, les cargaisons, les voyages, les performances, la manœuvre, l'entretien, l'avitaillement, la vie des équipages à bord et à terre dans le grand port normand. Magnifiquement et abondamment illustré de plans, schémas, tableaux et photos, cet ouvrage est aujourd'hui une référence pour tous les amateurs de culture et d'histoire maritimes.: Clippers français : Une histoire des voiliers de commerce rapide
Architecture navale : Connaissance et pratique
Chantiers navals
Chantiers navals STX France Cruise SA (St-Nazaire) STX France Cruise SA fait partie de la société STX Europe ASA dont le siège est basé à Oslo, Norvège. STX France Cruise est composée des chantiers navales de Saint-Nazaire et Lorient ainsi que 3 filiales : STX France Cabins SA et STX France Solutions SA et STX France LNG Technology SA. Le Groupe STX Europe est le plus important constructeur naval en Europe et l’un des 5 plus grands constructeurs mondiaux des navires de demain, innovants et répondant aux attentes de clients toujours plus exigeants.
L'histoire illustrée de la Marine nationale française
L'histoire illustrée de la Marine nationale
Un fort volume de 888 pages, 23 cm x 27 cm, plus de 2 100 illustrations noir et blanc, papier SM 115 gr, cousu fil dos rond, tranchefiles et ruban signet ; relié, couverture carton contrecolée simili-toile, fer-à-chaud sur dos et premier plat, dans coffret carton quadri. Il fallut plus de quatre siècles, entre les premières passes d'armes navales de Philippe Auguste et l'ébauche d'une marine royale par Richelieu, pour que les princes français prennent conscience de leurs frontières maritimes…: L'histoire illustrée de la Marine nationale française
Cet ouvrage s'attache à décrire la vie quotidienne des marins et les traditions qui en font le sel. Forte d'une centaine de navires, du porte-avions aux sous-marins stratégiques, la Marine nationale comprend des unités aussi variées que les chasseurs de mines, les bâtiments de transport de troupes, ou les patrouilleurs de service public. Les fusiliers commandos déploient leur savoir-faire dans la protection des sites sensibles, l'intervention en mer, mais aussi dans des opérations terrestres…:
Les grandes mutations de la Marine marchande française (1945-1995). Tome 1
Les grandes mutations de la Marine marchande
Après avoir été détruite aux deux tiers de son tonnage pendant la seconde guerre mondiale, la Marine marchande française s'est reconstituée en moins de cinq ans. Elle a dû faire face, d'une part à la disparition de ses paquebots de ligne avec l'arrivée sur l'Atlantique nord des premiers avions long-courriers à réaction, d'autre part à la perte de substance du trafic des marchandises sur ses lignes traditionnelles, avec la décolonisation.:
Les grandes mutations de la Marine marchande française (1945-1995). Tome 2
Les grandes mutations de la Mar mar Tome 2
Jusqu'à la fin des années 1970, la flotte française a relevé le défi, multipliant son tonnage par trois et passant en 1975 du 10e au 9e rang mondial. Cependant, après 1980, aux effets de la deuxième crise pétrolière s'ajoutent d'autres facteurs négatifs dont l'absence d'une politique maritime stable. La Marine marchande française connaît alors une récession suivie d'une stabilisation dans les années quatre-vingt-dix.:
Porte-conteneurs
Porte-conteneurs.
Les cargos, aux cales non standardisées, sont remplacés par des navires porte-boîtes, de taille impressionnante. La conteneurisation des transports maritimes, débutée durant les années 1970, est une véritable révolution, un prélude à ce qu'on appellera plus tard la mondialisation. Elle emporte rapidement avec elle toute une tradition, transforme des métiers, en supprime d'autres, bouleverse l'architecture navale et les plans des ports, qui doivent s'équiper à grands frais pour recevoir les nouveaux porte-conteneurs…:
Ils travaillent dans le froid de l'hiver, avec ses embruns glacés portés par le vent. Sur le pont de jour comme de nuit, ils dorment quand la Pêche le veut bien et, si le poisson est là, ils seront là aussi samedi et dimanche. Toujours avec les dangers de la fatigue, des manœuvres et de la mer. Quant au salaire ? Rien n'est sûr. Selon un principe fondateur de la profession, le pêcheur est rémunéré à la part, en fonction du volume pêché…:
Le dernier voyage du Victor Pleven
Le dernier voyage du Victor Pleven.
La plume alerte d’Alain Guellaff, ses dons d'observation, la sympathie qu'il partage avec les marins, lui permettent de peindre à merveille la vie à bord du chalutier, avec ses épisodes cocasses ou émouvants. Mais le jour où il met le sac à bord, il ne se doute pas qu'il sera le témoin d'une campagne exceptionnelle, historique. Une page d'histoire vieille de cinq cents ans, celle de la Grande Pêche à Terre-Neuve va se tourner définitivement…:
Cap-Horniers français Tome 1
Mémoire de marins des voiliers de l'armement Bordes
Cap-Horniers français - Tome 1.
Afin de raconter l'extraordinaire aventure humaine, maritime et commerciale des équipages de ces grands voiliers doublant le cap Horn pour ramener le précieux nitrate, et reconstituer l'histoire de la compagnie Bordes, Le Chasse-Marée et deux équipes de chercheurs chevronnés se sont attelés à la tâche pendant dix ans. La matière réunie s'est révélée si riche que sa publication nécessitera pas moins de trois gros volumes.:
Grâce à la précieuse collaboration des descendants de la famille Bordes, qui ont mis à disposition leurs archives inédites, une impressionnante documentation originale a été réunie : livres de comptes, correspondances entre l'armateur et ses capitaines, dossiers techniques sur les navires, rapports de mer, nombreuses photos inédites, portraits de navires... Ces documents exceptionnels ont renouvelé profondément les connaissances sur l'histoire de ce grand armement de voiliers long-courriers. La " Maison " Bordes, fondée en 1868, possédait à la veille de la Première Guerre mondiale 17 trois-mâts et pas moins de 28 quatre-mâts !:
C'est aux femmes de capitaines à bord des voiliers long-courriers, au tournant du XXe siècle qu'Etienne Bernet s'intéresse surtout, après un rappel historique de l'histoire des femmes autorisées à embarquer à moins qu’elles ne soient clandestines. L'auteur a pu identifier quarante-cinq épouses dont les histoires sont souvent dramatiques, sinon tragiques. Ces femmes de capitaines font preuve d'un courage qui en certaines circonstances a tenu de l'héroïsme…:
Carnets du Cap Horn
Carnets du Cap Horn.
Capitaine à vingt-cinq ans de l'un des plus beaux quatre-mâts français, le Brestois Pierre Stéphan, dont le petit-fils, Roland Paringaux, nous présente les Carnets, fera onze voyages autour du monde, les trois premiers avec sa jeune épouse, Marie-Jo, dont on lira également ici le journal de bord. Leurs témoignages, rares et pleins de vie, nous rappellent cette épopée un peu oubliée, qui prendra fin avec la Première Guerre mondiale.:
Long-courriers, cap-horniers, caboteurs, voiliers de pêche, navires-écoles ou yachts classiques: ce magnifique ouvrage vous invite, autour de documents historiques et de plus de deux cents photographies, à découvrir les navires de légende... Belem, Cutty Sark, Pen-Duick, Shamrock, America, Boussole... autant de noms qui font rêver les amateurs de voile comme les néophytes. Ces voiliers mythiques, imaginés par l'homme pour voguer sur les mers du monde, fascinent tous ceux que fait vibrer l'appel du large...:
Dans la lignée des grands ouvrages de fonds du Chasse-Marée, voici la première histoire complète du balisage et de l'éclairage des côtes de France. Dix ans de recherches dans les archives et de collectage auprès des ingénieurs, des gardiens et des marins des Ponts et Chaussées ont permis d'établir la première synthèse exhaustive de l'évolution des phares et balises, depuis les origines jusqu'à l'an 2000. Voici, siècle après siècle, racontée simplement mais dans le détail, l'histoire extraordinaire de notre signalisation maritime, depuis les premières tours à feu où l'on brûlait du bois jusqu'aux phares automatiques actuels…:
Grand voilier pour les handicapés
Longueur hors tout : 51,70 m.
Longueur au pont : 43 m.
Largeur : 8,5 m.
Tirant d'eau : 4,1 m.
Déplacement : 420 t.
Voilure : 1035 m2.
Moteur : 2 fois 260 CV.
Voilier-école de la Marine allemande.
Longueur hors tout : 89,30 m
Longueur au pont : 81,20 m
Largeur : 12 m
Tirant d’eau : 5,25 m
Hauteur du grand mât : 45,30 m
Surface de voilure : 2037 m2
Nombre de voiles : 23
Ddéplacement : 1760 t
Port d’attache : Kiel.
Voilier-école de la Marine brésilienne.
Longueur hors tout : 76 m
Longueur au pont : 60,50 m
Largeur max. : 10,50 m
Tirant d'eau : 4,8 m
Tirant d'air max : 46,50 m
Surface de voile : 2195 m2
Vitesse au moteur : 11 kt
Vitesse sous voile max : 17,5 kt
Déplacement : 1038 tonnes
Moteur principal: 1000 CV
Propulseur étrave : 420 CV
Jean-José Ségéric a écrit le livre qu'il aurait voulu lire lorsqu'il est entré dans la Marine marchande : un ouvrage menant de front l'histoire didactique des méthodes de positionnement du marin par les astres (histoire incluant celle de l'astronomie, et celle des sciences associées, mathématiques, optique, horlogerie), et la mise en perspective historique de ce volet technique. Autrement dit, l'histoire du point astronomique dans l'Histoire. C'est en effet l'Histoire qui révèle l'ampleur des enjeux du point astronomique - enjeux de la sécurité nautique, mais aussi commerciaux, géopolitiques et de civilisation - et l'on comprend mieux ainsi l'obstination que manifestèrent la France et la Grande-Bretagne des XVIIe et XVIIIe siècles à favoriser la recherche de solutions au problème de la longitude. Alors que les traités de navigation existant ne présentent que le point de 1875 par droites de hauteur et n'évoquent que les trois ou quatre mêmes noms passés à la postérité - Mercator, Kepler, Summer et Marcq Saint-Hilaire - le lecteur de ce livre découvrira la passionnante traque des solutions praticables par les marins, depuis les latitudes par la polaire des Portugais :
Ocean's Songs.
Ocean's Songs
Olivier de Kersauson est l'un des navigateurs français les plus connus au monde. Après dix années aux côtés d'Eric Tabarly, il est devenu le plus grand chasseur de records océaniques. Partant du principe que l'homme libre part pour apprendre et revient pour rendre compte, Olivier de Kersauson a décidé de raconter sa géographie maritime. Il fait le portrait de ses mers comme il pourrait dresser le portrait d'une femme. Il nous révèle, surtout, son destin singulier de skipper d'exception. : Ocean's Songs
Marin Marie, peinture et navigation
Vent dessus, vent dedans (Marin Marie)
Roger Chapelet
Roger Chapelet.
De tous les peintres de marine, Roger Chapelet est celui qui a le plus navigué, à bord clés navires les plus différents et sur tous les océans. Entre son premier embarquement en 1926 sur un antique vapeur et sa dernière grande navigation qui fut une traversée de l'océan Pacifique à bord d'un grand voilier école en 1978, il a péché la morue entre Terre-Neuve et le Groenland, participé aux convois et aux patrouilles anti sous-marins pendant la Seconde Guerre mondiale, navigué sur les paquebots prestigieux et les cargos modernes de l'après-guerre. A chaque fois, il rapportait une moisson de dessins et de gouaches, autant de travaux préparatoires à de grandes huiles qu'il brossait ensuite en atelier, à des affiches destinées à la publicité des armateurs, à des illustrations de livres ou de reportages voire de timbres. Cette oeuvre immense se trouve pour la première fois réunie dans un livre.:
Le Vin et la Mer
Le Vin et la Mer : A l'usage des épicuriens...
Au commencement était la mer. Quelles sont les régions viticoles de France où la mer n'a pas été présente ? Aucune, bien sûr ! Au premier rang des grands terroirs, Bordeaux, la Champagne, la Bourgogne, mais également le Val de Loire, le Languedoc, la Provence et bien d'autres encore. Le lien entre la mer et le vin se tisse dans le temps. Tous les gens de mer y ont leur place, ceux de la marine nationale, de la marine marchande, des marins pêcheurs, des plaisanciers...:
Capitaine Tempête
Capitaine Tempête.
Jean Bulot est l'une des grandes figures de la mer en France. Après avoir été officier de Marine marchande et voyagé au long cours, il a pris le commandement des remorqueurs de haute mer Abeille Languedoc et Abeille Flandre. Né en 1939 sur l'île d'Arz, l'île des Capitaines, dans le Morbihan, fils d'un commandant, il a vécu pour la mer et sur la mer. Ses Mémoires très attendus retracent à la fois son enfance bretonne, ses débuts comme pilotin, lieutenant le long des côtes d'Afrique et d'Amérique puis son engagement dans le remorquage de haute mer, ce métier si particulier exigeant de grandes capacités manœuvrières et un dévouement humain extrême. Scandalisé par le drame de l'Amoco-Cadiz, Jean Bulot participera au sauvetage de plusieurs pétroliers et contribuera à la sauvegarde du littoral français. Ami d'Olivier de Kersauson, auquel il porta secours, Jean Bulot est un merveilleux conteur du monde maritime. Bretagne, haute mer et sauvetage sont les trois sillons de ces Mémoires, écrits avec le sens de l'anecdote, du trait et de l'humour. Jean Bulot vit sur l'île d'Arz dans le golfe du Morbihan. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, publiés notamment au Chasse-Marée.:
Le Livre des tempêtes : A bord de l'Abeille
Le Livre des tempêtes : A bord de l'Abeille.
L'abeille Flandre et son homologue l'abeille Languedoc sont deux remorqueurs d'assistance et de sauvetage affrétés par l'état français, l'un à Brest pour défendre Ouessant et son célèbre "Rail" - l'autoroute maritime la plus passante et la plus dangereuse du monde -, l'autre à Cherbourg où les courants et les brumes ne sont pas moins exceptionnels. Durant deux hivers, Jean Gaumy, photographe membre de l'agence Magnum, et Hervé Hamon, écrivain (familier du bord, auteur de L'abeille d'Ouessant), ont partagé la plupart des opérations marquantes de la Flandre, notamment le remorquage, afin qu'elle ne s'écrase pas sur la côte, de la poupe du pétrolier Erika. En images et en mots, ils évoquent la zone des tempêtes qu'est la mer d'Iroise, le travail méticuleux des sauveteurs, les heures de veille patiente et les minutes d'adrénaline déchaînée. Leur livre est le livre du courage et de la peur. Le témoin, aussi, d'une culture maritime généreuse et vigilante. :