L’intérêt du Gouvernement et de la Commission européenne pour le projet Euroclippers, qui ambitionne de développer un « Erasmus maritime » destiné aux étudiants de l’Union européenne, m’incite à envisager la création d’une structure adaptée à la promotion de cette idée au niveau européen.
En effet, dans le cas où le Gouvernement lancerait la construction de deux grands voiliers-écoles du type « Statsraad Lehmkuhl » (ou autre) pour développer un « Erasmus des Ecoles navales », il deviendra nécessaire d’envisager la création d’une structure qui puisse promouvoir ensuite la construction de grands voiliers-écoles au niveau européen dans le cadre d’un « Erasmus maritime ».
Le « Lehmkuhl » de nuit, au port, puis de jour, en haute mer (vidéo)
Et je me pose est question : « Quelle est la structure la plus adaptée pour développer un « Erasmus maritime ?... ».
Avant d’essayer de répondre à cette interrogation, je dois rappeler que le projet actuel tient son origine dans les travaux du laboratoire d’idées « Les Clippers de Normandie », créé en novembre 1993, et que j’ai présidé durant trois ans.
Ne serait-il pas souhaitable de s’inspirer de cette expérience afin de passer à l’échelon supérieur, c'est-à-dire avoir une action au niveau européen ?...
Bien sûr, une telle structure ne doit pas se substituer aux organismes officiels européens, nationaux et régionaux, et doit se limiter à un rôle de conseil des dirigeants politiques au niveau international, et d’information du public, c'est-à-dire, en fait, à être un véritable Think Tank européen.
Afin de définir la meilleure structure pour le « Think Tank Euroclippers » il est nécessaire d’en définir tout d’abord les objectifs, d'intérêt général et à but non lucratif, qui seront :
● rapprocher, au niveau européen, différentes professions de façon à développer des synergies transeuropéennes : navigants des Marines militaires de l’Union européenne, navigants civils, élus, armements à la voile, hauts fonctionnaires, universitaires, financiers, chantiers navals, etc… ;
● promouvoir un « Erasmus maritime » auprès de l’ensemble des élus et des fonctionnaires des 27 pays de l’Union européenne : Commission européenne, Parlement européen, chefs d’Etat, Gouvernements, Parlements, Conseil généraux, Conseil régionaux, Mairies ;
● promouvoir un « Erasmus maritime » auprès du public par un site Internet, des revues, des ouvrages, des émissions de radios et de télévisons ;
● développer ce concept au-delà des frontières de l’Union européenne ;
● soutenir la construction navale européenne ;
● gérer des ressources publiques et privées.
Les structures disponibles sont l’association, l’entreprise et la fondation.
1/ L’association
La structure associative est peu adaptée en raison du peu de contrôle sur des ressources importantes qui peuvent être privées, publiques, européennes…
2/ L’entreprise
La structure en société anonyme (ou même en société européenne) n’est pas, non plus, adaptée aux objectifs d’un Think Tank car la structure souhaitée n’aura pas vocation à être dans le domaine concurrentiel - donc n’aura pas d’objectif de rentabilité mais seulement d’équilibre des comptes.
3/ La Fondation d’intérêt public
La structure de Fondation reconnue d’intérêt public (R.U.P.) semble parfaitement adaptée aux objectifs fixés qui sont ceux d’un laboratoire d’idées ; et c’est d’ailleurs la structure retenue pour la « Fondation pour l’Innovation Politique ».
Les statuts d’une Fondation R.U.P. sont parfaitement adaptés au fonctionnement d’un Think Tank qui doit permette de rassembler des personnalités qui désirent s’investir dans la réflexion sur le monde maritime, la formation des jeunes, l’économie, le social, les équilibres internationaux, l’éducation, la justice, etc… et cela au niveau européen.
Une Fondation R.U.P. est contrôlée par l’Etat, plus précisément par le Ministre de l’intérieur, ou son représentant, ainsi que d’autres ministres, et présente toutes les garanties pour que les fonds apportés à la fondation soient utilisés à bon escient et conformément à ses statuts.
De plus, cette structure, par son niveau de contrôle, permet de gérer des fonds importants.
Ainsi dans le cas du lancement par le Gouvernement de la construction de deux « Statsraad Lehmkuhl » pour la Marine Nationale, qui commencerait ainsi à développer un « Erasmus naval » avec les autres Marines européennes, il semble souhaitable de créer une « Fondation reconnu d’intérêt public Euroclippers » qui serait un véritable Think Tank maritime européen.
C’est un point important que je me devais de souligner pour envisager d’une façon sérieuse, et sereine, un véritable développement du concept « d’Erasmus maritime », développé sur ce blog, et qui est aussi l’aboutissement d’un travail collectif, celui du laboratoire d’idées « Les Clippers de Normandie »
Jean-Charles Duboc
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